Comment créer une entreprise dans le bâtiment en 2026 ?

Comment créer une entreprise dans le bâtiment en 2026 ?

Vous souhaitez créer votre entreprise dans le bâtiment et vous ne savez pas par où commencer ? La construction est un secteur réglementé et régi par certaines spécificités, quel que soit l’expertise ou le corps d’état visé : maçonnerie, plomberie, menuiserie, électricité, charpente, peinture, démolition… Conditions pour démarrer son activité, formes juridiques et étapes clés, cet article se penche sur tout ce qu’il faut savoir avant de vous lancer dans un projet de création d’entreprise dans le BTP, avec ou sans diplôme !

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En amont de la création d’entreprise BTP : la validation du projet

Se lancer à son compte dans le bâtiment n’est pas une décision à prendre à la légère. Vous avez des années de chantier derrière vous, un savoir-faire solide, et l’envie d’être « votre propre patron » ? C’est un bon début, mais ce n’est pas suffisant : il faut aussi étudier la viabilité de votre projet.

Avant de démarrer les démarches administratives, voici 3 étapes à ne pas manquer pour éviter les mauvaises surprises et partir sur de bonnes bases.

1. Définir son offre et trouver sa niche

La première question à se poser est : qu’est-ce que je veux faire, exactement ? Et la réponse ne doit pas être seulement « devenir plombier » ou « monter une entreprise de rénovation » ! Il s’agit d’être précis sur :

  • les types de travaux que vous souhaitez réaliser (plomberie seule ou plomberie + chauffage ?) ;
  • la clientèle cible (particuliers, entreprises privées, promoteurs, collectivités ?) ;
  • la zone géographique d’intervention (rayon de X kilomètres autour de la commune).

Plus votre offre est claire, plus il vous sera facile de vous positionner, d’intéresser les bons clients et de vous faire recommander.

Bon à savoir

Si vous avez une expertise rare et technique (restauration de pierre ancienne, installation de systèmes à énergie renouvelable, pose de toiture végétale…), c’est le moment de la valoriser. Ce type de savoir-faire justifie des tarifs plus élevés et attire une clientèle qualifiée.

2. Réaliser une étude de marché locale

Contrairement à ce que l’on peut penser, les études de marché ne sont pas réservées qu’aux grandes entreprises. Même à l’échelle d’un artisan, elle vous permet de répondre à une question simple : y a-t-il suffisamment de travail pour moi dans ma zone ? Voici ce qu’il faut analyser :

  • La concurrence : recherchez sur Google et sur les annuaires BTP (Pages Jaunes, etc) les entreprises du bâtiment déjà présentes dans votre secteur d’activité et votre zone géographique. Si le secteur paraît saturé, réfléchissez à une spécialisation ou à une zone d’intervention différente.
  • La demande locale : renseignez-vous sur les projets de construction et de rénovation dans votre secteur. Allez voir en mairie combien de permis de construire sont déposés, faites un tour sur les sites d’appels d’offres et contactez des agences immobilières pour prendre la température du marché (et rencontrer par la même occasion d’éventuels prescripteurs).
  • Les prix moyens : lors de l’analyse de la concurrence, regardez aussi le positionnement tarifaire pratiqué par les artisans de votre corps de métier dans votre région. Cela vous donnera une ordre d’idée pour établir vos prix de façon réaliste.

3. Établir un business plan réaliste

Comme l’étude de marché, le business plan (littéralement, « plan d’affaires ») est tout à fait adapté aux indépendants et petites entreprises. Derrière cet anglicisme qui peut faire peur, se cache en réalité un outil très utile pour chiffrer votre projet et tester sa faisabilité avant de vous lancer.

Celui-ci doit comprendre au minimum :

  • Un chiffre d’affaires prévisionnel : combien de chantiers par mois, à quel tarif moyen ?
  • Les investissements de départ : matériel, outillage, véhicule utilitaire, stocks de matériaux, EPI
  • Les charges fixes : assurances, loyer d’un local si nécessaire, abonnement téléphone/internet, logiciel de gestion BTP, expert-comptable…
  • Le seuil de rentabilité : à partir de quel chiffre d’affaires mensuel couvrez-vous vos charges ?
  • Le besoin en fonds de roulement : dans le bâtiment, les délais de paiement peuvent être longs. Prévoyez de la trésorerie pour couvrir vos frais avant d’être payé.

Pour en savoir plus : Comment créer un business plan BTP ?

Bon à savoir

Avez-vous songé à la reprise d’entreprise BTP ? Plutôt que de démarrer de zéro, la reprise d’une entreprise existante peut être une bonne alternative. Cela vous permet d’accéder à :

  • une clientèle déjà constituée ;
  • du matériel, des équipements et du stock ;
  • parfois des salariés en place, ce qui évite le recrutement ;
  • une notoriété locale déjà construite.

Un rachat d’entreprise implique cependant souvent un investissement de départ plus important et une analyse rigoureuse de la santé financière de l’entreprise (dettes, litiges en cours, réputation, état du matériel). La création pure, elle, offre plus de liberté : à voir selon vos envies et vos circonstances !

 

A lire également : Quel est le tarif horaire moyen d’un artisan BTP en 2026 ?

Quels diplômes et conditions pour créer son entreprise dans le bâtiment ?

La loi n°1996-603 du 5 juillet 1996 sur les métiers de la construction et de l’artisanat encadre les conditions d’accès aux métiers du bâtiment. Pour créer une entreprise de BTP, la personne qui dirige l’activité doit ainsi justifier d’une qualification professionnelle.

Qualifications et diplômes

Pour exercer une activité dans le bâtiment, les diplômes reconnus sont :

  • le CAP (Certificat d’Aptitude Professionnelle) ;
  • le BEP (Brevet d’Études Professionnelles) ;
  • un titre professionnel équivalent ou supérieur inscrit au Répertoire National des Certifications Professionnelles (RNCP) ;
  • un brevet de maîtrise (équivalent Bac+2) délivré par une Chambre des Métiers et de l’Artisanat.
Bon à savoir

Notez qu’il est obligatoire d’être titulaire d’une qualification professionnelle pour chaque activité exercée au sein de la société. Par exemple, si votre entreprise effectue des travaux de plomberie ET d’installations thermiques, il vous faudra une qualification spécifique pour chacune de ces activités.

À lire également : Quelles sont les meilleures formations BTP ?

Créer une entreprise de bâtiment sans diplôme

Comme on l’a vu, le bâtiment est une activité très réglementée et créer son entreprise dans ce secteur sans diplôme n’est pas simple, mais pas impossible ! Voici deux solutions pour devenir artisan sans avoir de diplôme ou de qualification.

  • L’expérience professionnelle de 3 ans : si vous avez été salarié pendant 3 ans ou plus dans une entreprise BTP, vous pouvez faire valoir cette expérience comme une qualification professionnelle. Elle doit évidemment correspondre à l’activité visée – trois ans en tant qu’électricien salarié pour créer une entreprise d’électricité, pas de plomberie. Cette expérience doit être justifiée (bulletins de salaire, attestations d’employeur) et déclarée au moment de l’immatriculation auprès du guichet des formalités des entreprises.
  • S’installer en tant qu’“homme toutes mains” : deuxième solution, créer une entreprise multi-services pour réaliser des petits travaux de bricolage chez les particuliers (jardinage, débouchage de canalisation, pose de parquet amovible, etc.). Ce type de société ne nécessite aucun diplôme ou expérience particulière, mais il est strictement limité : vous ne pouvez pas toucher au bâti, construire une cloison ou installer des systèmes électriques. C’est une option qui existe pour démarrer, pas pour exercer un vrai métier du bâtiment.

A lire également : Comment devenir auto-entrepreneur multiservice ?

Le stage de préparation à l’installation

Longtemps obligatoire pour les créateurs d’entreprises artisanales, le stage de préparation à l’installation est aujourd’hui facultatif. Il reste pourtant fortement recommandé si vous n’avez jamais dirigé d’entreprise auparavant.

Organisé par la CMA, cette formation d’environ 30 heures couvre toutes les bases de la gestion d’entreprise : comptabilité, fiscalité, formalités administratives, communication.. Le stage coûte entre 100 € et 260 € selon où vous habitez.

Un petit investissement temporel et financier qui peut vous éviter bien des erreurs dans vos premiers mois d’activité ! Pensez également à vous renseigner à la CMA de votre département sur les éventuels accompagnements à la création d’entreprise qu’elle propose.

créer entreprise btp

Quel statut juridique choisir pour une entreprise BTP ?

Il existe plusieurs types de structures juridiques appropriés à une activité dans le bâtiment. La question du choix de votre statut d’artisan aura des conséquences importantes sur votre fiscalité, sur votre protection sociale et sur les possibilités de développer ou non l’entreprise dans le futur.

La micro entreprise (auto-entreprise) dans le BTP

Si vous êtes seul, la micro-entreprise est le plus sûr pour un démarrage d’activité à moindre risque. Les démarches pour ouvrir une micro-entreprise dans le bâtiment sont simple (une simple déclaration en ligne suffit) et ce régime bénéficie d’un régime social favorable aux petits revenus.

Comment ça marche ? Vous payez des cotisations sociales uniquement sur ce que vous facturez, soit 22 % de votre chiffre d’affaires pour les prestations de service. Si votre entreprise ne dégage aucun revenu durant certaines périodes, vous n’aurez donc pas à cotiser.

C’est donc une forme juridique intéressante pour tester la rentabilité et la viabilité de votre activité sans prendre un trop grand risque financier, ou pour la développer en annexe d’un emploi salarié.

Bon à savoir

Autre spécificité de la micro-entreprise : vous bénéficiez par défaut de la franchise en base de TVA, c’est à dire que vous ne facturez pas la TVA à vos clients, et vous ne la récupérez pas non plus sur vos achats. Notez que la franchise s’applique tant que votre chiffre d’affaires reste sous 37 500 € sur l’année.

Envie de créer votre micro-entreprise dans le BTP ? Lisez notre guide sur comment devenir auto-entrepreneur dans le bâtiment et devenir auto-entrepreneur sans diplôme ?

L’entreprise individuelle au régime réel (EI)

Entre la micro-entreprise et la société, il existe une option intermédiaire : l’entreprise individuelle au régime réel. Comme pour la micro-entreprise (qui est une forme d’EI, juste le régime diffère), ce statut vous permet d’exercer en votre nom propre sans devoir créer une société.

Les principaux avantages ? Aucun plafond de chiffre d’affaire, et vous pouvez ici déduire vos charges professionnelles, un vrai plus en tant qu’artisan. En outre, depuis la réforme de 2022, l’entrepreneur individuel bénéficie d’une protection de son patrimoine personnel.

Notez en revanche que la gestion comptable est plus complexe et requiert souvent un expert-comptable. L’imposition et les cotisations sociales sont quand à eux calculés sur le bénéfice net de l’entreprise.

La société dans le bâtiment : EURL, SASU, SARL et SAS

Dès lors où vous souhaitez vous associer, embaucher des salariés, générer des revenus importants ou/et développer intensément l’entreprise, la création d’une société est une solution judicieuse.

Ces sociétés sont ce qu’on appelle « à responsabilité limitée« . Cela signifie que le risque financier ne peut pas être supérieur à son apport initial.

Forme juridiquePour quiRégime social du dirigeantPoints forts
EURLAssocié uniqueTNS (travailleur non salarié), cotisations à 40-45%Souple, charges maîtrisées
SASUAssocié uniqueAssimilé salarié, cotisations à 50-70 %Protection sociale plus proche du salarié
SARL2 associés ou plusTNS si > 50 % des parts, cotisations à 40-45%La forme la plus répandue dans le BTP
SAS2 associés ou plusAssimilé salarié, cotisations à 50-70 %Flexible, attractif pour lever des fonds

EURL ou SASU ? Si vous démarrez seul et souhaitez minimiser vos charges, l’EURL est souvent plus économique. La SASU offre une meilleure protection sociale (assurance chômage possible notamment), mais les cotisations sont plus élevées.

SARL ou SAS ? La SARL est la forme la plus courante chez les TPE du bâtiment. La SAS est plus flexible dans son fonctionnement et sa gouvernance, ce qui la rend intéressante si vous envisagez une croissance rapide ou l’entrée d’investisseurs.

Bon à savoir

Le choix du statut juridique a des implications fiscales et sociales qui peuvent représenter plusieurs milliers d’euros de différence par an. Prenez rendez-vous avec un expert-comptable avant de prendre une décision trop hâtive !

 

 

A lire également : Créer une SAS dans le BTP | Le Guide Complet

Comment financer la création de son entreprise BTP ?

Créer une entreprise dans le bâtiment demande un investissement de départ qui varie selon le corps de métier et la structure juridique choisie. Là où un peintre en micro-entreprise peut démarrer avec peu, un maçon qui monte une SARL et achète des engins de chantier nécessite un certain capital. Dans tous les cas, vous devez absolument anticiper votre besoin de financement.

Les aides publiques à la création d’entreprise

En France, de nombreuses aides financières et dispositifs sont disponibles pour faciliter votre démarrage :

  • L’Acre (Aide à la Création ou Reprise d’une Entreprise) est un coup de pouce de l’Etat pour les créateurs ou les repreneurs d’entreprise. Ce dispositif permet de profiter d’une exonération partielle de taxes pendant durant la première année d’activité. La demande se fait auprès de l’Urssaf.
  • L’ARE (Aide au Retour à l’Emploi) assure le maintien de vos allocations chômage lors de la création de votre entreprise en complément de votre activité. Les allocations sont recalculées chaque mois en fonction des revenus générés par votre entreprise.
  • Besoin de trésorerie pour démarrer ? Vous pouvez opter pour l‘ARCE (Aide à la Reprise ou à la Création d’Entreprise), qui permet de recevoir 60 % de vos droits restants sous forme de capital versé en deux fois (au début de l’activité, puis 6 mois plus tard)
  • Les aides régionales et locales : votre région, département ou commune propose peut être des subventions ou des prêts d’honneur pour les créateurs d’entreprise locaux. Renseignez-vous auprès de votre CMA, votre Chambre de Commerce et d’Industrie (CCI) ou de votre mairie.
  • Le portage salarial est un dispositif permettant aux créateurs d’entreprise de démarrer en tant qu’indépendants tout en conservant certains avantages des salariés. La société de portage gère notamment votre facturation, vous verse un salaire et vous offre une protection sociale.

Le financement bancaire

Prêt bancaire classique

Si la création de votre entreprise BTP requiert l’achat d’équipements lourds et d’un véhicule utilitaire, alors le prêt bancaire professionnel est incontournable. Pour maximiser vos chances d’obtenir un financement auprès de la banque, comparez plusieurs établissements (banques régionales, banques en ligne…) et préparez un business plan solide avec des projections réalistes.

Micro-crédit professionnel

Si vous n’avez pas accès au prêt bancaire traditionnel, alors le micro-crédit peut être une alternative intéressante. Certaines organismes comme l’Adie (Association pour le Droit à l’Initiative Économique) permettent aux créateurs d’entreprise d’emprunter des sommes pouvant aller jusqu’à 15 000 €., en plus d’offrir un accompagnement gratuit au projet. Une option à explorer !

Pour en savoir plus : Aide financière à la création d’entreprise : 10 solutions en 2026

Comment créer son entreprise BTP ? Les démarches

On y est : votre projet est bien ficelé, votre statut choisi et vous connaissez les possibilités de financement. C’est donc le moment de lancer les démarches pour la création de votre entreprise bâtiment !

Le guichet unique électronique

Depuis le 1er janvier 2023, le portail e-procédures de l’INPI (Institut National de la Propriété Industrielle) est le point d’entrée unique pour toutes les formalités de création, modification et cessation d’activité des entreprises en France.

Concrètement, vous créez un compte, remplissez votre dossier en ligne et téléchargez les pièces justificatives demandées. Le guichet transmet ensuite automatiquement votre dossier aux organismes concernés : Urssaf, greffe du tribunal de commerce (pour les sociétés), INSEE…

Les documents et justificatifs à fournir

La constitution de votre dossier varie selon le statut juridique choisi, mais les pièces les plus couramment demandées sont :

Pour tous les créateurs :

  • pièce d’identité en cours de validité ;
  • justificatif de domicile de moins de 3 mois ;
  • justificatif de qualification professionnelle (diplôme, titre, ou attestation d’expérience de 3 ans) ;
  • déclaration sur l’honneur de non-condamnation et de filiation.

Pour une entreprise individuelle (EI) ou une micro-entreprise :

  • déclaration de début d’activité (remplie sur le guichet unique) ;
  • justificatif de l’adresse de l’établissement principal.

Pour une société (SARL, SAS, EURL, SASU) :

  • exemplaire original des statuts de la société rédigés et signés ;
  • attestation de dépôt du capital social sur un compte bancaire ;
  • annonce légale de constitution parue dans un journal d’annonces légales (JAL) ;
  • formulaire de déclaration d’activité M0 (à remplir en ligne).

Quel montant de capital social pour les sociétés ? La loi n’impose pas de capital minimum : vous pouvez théoriquement créer une SARL avec 1 €. Cependant, en pratique, un capital trop faible envoie un mauvais signal aux banques. Dans le bâtiment, un capital de départ de 3 000 à 10 000 € est généralement perçu comme sérieux pour une TPE.

Ce que vous recevez après immatriculation

Une fois votre dossier validé, vous recevrez plusieurs documents et informations :

  • numéro SIREN (9 chiffres), qui est l’identifiant unique de votre entreprise ;
  • numéro SIRET (14 chiffres = SIREN + numéro NIC), qui identifie chaque établissement de votre entreprise ;
  • code APE (Activité Principale Exercée), attribué par l’INSEE selon votre activité déclarée ;
  • extrait Kbis, qui est une sorte de « carte d’identité » de votre entreprise (souvent demandé par les banques, assureurs et certains clients).

Quels délais prévoir ? Pour une micro-entreprise ou une entreprise individuelle, l’immatriculation est rapide : généralement de 24 à 72 heures. Pour une société, comptez plutôt 1 à 2 semaines entre la préparation du dossier et la réception du Kbis.

Bon à savoir

Votre numéro SIRET doit figurer sur tous vos devis et factures dès le premier jour d’activité. C’est l’une des mentions légales relatives à la facturation.

A lire également : Quelles sont les mentions obligatoires d’un devis dans le bâtiment ?

Les obligations réglementaires dans le bâtiment

Créer son entreprise dans le bâtiment ne s’arrête pas à l’immatriculation : une fois lancé, vous devez respecter un certain nombre d’obligations légales. Il est essentiel de les connaître pour éviter les sanctions et piloter votre activité sereinement.

Devis et facturation

Le domaine de la facturation est très réglementé : de la rédaction du devis à l’envoi de la facture à la livraison des travaux, vos documents doivent suivre deux grandes obligations :

  • Mentions légales des devis/factures : informations sur votre entreprise (SIRET, adresse…), sur le client, la description des travaux, les prix HT et TTC, la durée prévue du chantier, les coordonnées de l’assureur décennal, les conditions de règlement, et pour les micro-entreprises, la mention « TVA non applicable — article 293 B du CGI » si vous êtes en franchise de TVA.
  • Réforme de la facturation électronique : entre septembre 2026 et septembre 2027, toutes les entreprises françaises assujetties à la TVA (y compris les artisans et TPE du bâtiment, que vous soyez en EI, micro-entreprise ou société) devront progressivement recevoir et transmettre leurs factures dans des formats certifiés par l’État.

Dès vos premiers chantiers, optez donc pour un logiciel BTP compatible à la facturation électronique comme Obat afin de garantir votre conformité et profiter de nombreuses fonctionnalités métier.

À lire également : Facture électronique : tout savoir sur l’obligation d’ici 2027

Les taux de TVA du bâtiment

Dans le bâtiment, il n’existe pas un taux de TVA unique : le bon taux dépend de la nature des travaux et du bien sur lequel ils sont réalisés.

Type de travauxTaux de TVA applicable
Construction neuve (maison, extension, surélévation)20 %
Rénovation de logement de plus de 2 ans10 %
Travaux d’amélioration énergétique éligibles (isolation, pompe à chaleur, chaudière à condensation…)5,5 %
Locaux professionnels et commerciaux20 %

A savoir que certains chantiers peuvent mixer plusieurs taux, comme par exemple la rénovation d’un logement ancien (10%) qui inclut un projet d’extension neuve (20%). Faites donc attention à ce que votre logiciel de facturation gère bien cette ventilation sur un même devis ou une même facture.

À lire également : TVA dans le bâtiment : quel taux appliquer selon les travaux ?

La sous-traitance

Faire appel à des sous-traitants est courant dans le bâtiment et il est possible que vous ayez recours à cette pratique. Sachez qu’elle implique des obligations définit par la loi du 31 décembre 1975 sur la sous-traitance :

  • déclarer le sous-traitant au maître d’ouvrage et d’obtenir son agrément lorsqu’il s’agit d’un marché privé ;
  • vérifier que le sous-traitant est en règle : immatriculation, assurances, carte BTP des salariés, absence d’interdiction d’exercer ;
  • payer le sous-traitant dans les délais légaux (de 30 jours à 60 jours calendaires à compter de la date d’émission de la facture).

En cas de non-respect, vous pouvez être tenu responsable des dommages causés par votre sous-traitant.

La carte d’identification professionnelle BTP

La carte BTP est obligatoire pour tous les salariés intervenant sur des chantiers de BTP, y compris les intérimaires. Elle est délivrée par la CIBTP et doit être demandée par l’employeur dès l’embauche ou, au plus tard, avant l’arrivée de l’ouvrier sur le chantier.

Les auto-entrepreneurs, artisans indépendants et gérants non salariés ne sont pas soumis à cette obligation. En revanche, elle s’applique dans les cas de figure suivants :

  • vous êtes dirigeant assimilé-salarié (en SASU par exemple) et intervenez sur les chantiers ;
  • dès que vous embauchez votre premier salarié, vous devez lui faire établir une carte BTP.

Attention : en cas de contrôle, l’absence de carte BTP pour un salarié est une infraction passible d’une amende de 4000 € par salarié non déclaré (et 8 000 € en cas de récidive).

Les assurances des professionnels du bâtiment

Autre obligation pour les professionnels du bâtiment : l’assurance. Le BTP est un domaine où les risques humains et matériels sont particulièrement élevés, d’où l’intérêt de se couvrir correctement. Certaines assurances sont obligatoires, quand d’autres sont recommandées pour travailler sereinement.

L’assurance décennale, obligatoire dans le BTP

La garantie décennale est une obligation légale pour tous les professionnels du bâtiment qui réalisent des travaux de construction ou de rénovation touchant à la solidité ou à l’habitabilité d’un ouvrage. Elle couvre les dommages qui pourraient survenir dans les 10 ans suivant la réception des travaux.

Combien ça coûte ? Le tarif varie selon votre activité et la taille de votre entreprise. Comptez en moyenne entre 500 € et 2 500 € par an pour un artisan seul. Les métiers considérés comme plus risqués (charpente, couverture, gros œuvre) sont souvent plus chers à assurer.

⚠️ Attention : vous devez souscrire votre assurance décennale avant le début du premier chantier. Si vous intervenez sur un chantier sans être couvert, vous exposez non seulement votre responsabilité personnelle mais risquez aussi 75 000 € d’amende et jusqu’à 6 mois d’emprisonnement.

Les autres assurances du bâtiment (facultatives mais conseillées)

En plus de l’assurance décennale qui est obligatoire, un entrepreneur du bâtiment peut souscrire à différentes garanties annexes :

  • La responsabilité civile professionnelle (RC Pro) : elle couvre les dommages que vous ou vos salariés pourriez causer à des tiers dans le cadre de votre activité, comme un dégât des eaux lors d’une intervention ou un bout d’échafaudage qui tombe et blesse un passant.
  • L’assurance du véhicule utilitaire : si vous utilisez un véhicule pour transporter votre matériel et vous rendre sur les chantiers (comme quasiment tous les artisans), votre assurance auto personnelle ne suffit pas. Vous devez souscrire un contrat spécifique pour son usage professionnel.
  • La multirisque professionnelle : c’est un contrat d’assurance qui regroupe plusieurs garanties en une pour un tarif plus intéressant. Il peut inclure la protection du matériel et de l’outillage, l’assurance du véhicule utilitaire, la couverture en cas de vol ou d’incendie, etc.
Bon à savoir

Si la RC Pro n’est pas légalement obligatoire, en pratique, elle reste indispensable dans de nombreuses situations. En effet, il est courant qu’un maître d’ouvrage ou donneur d’ordre exige une attestation RC Pro avant de vous confier un chantier.

Conclusion Icon
Conclusion

Vous connaissez maintenant toutes les grandes étapes de la création d’entreprise dans le BTP : valider le projet, choisir le statut, financer son démarrage, s’immatriculer, souscrire les bonnes assurances, et s’informer sur ses obligations légales. Cela vous permet de vous lancer dans cette aventure avec des bases solides, qui vous permettront de vous concentrer sur le développement et la réussite de votre activité. 

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