Toute entreprise a besoin de bien gérer sa trésorerie pour faire face à ses engagements et développer son activité professionnelle. Il est ainsi nécessaire de suivre et d’anticiper les flux de trésorerie pour pérenniser l’activité et avoir une vision claire des liquidités disponibles. Définition des flux de trésorerie, construction d’un tableau de trésorerie, utilité et avantages de cet outil comptable : découvrez notre guide sur le tableau de flux de trésorerie ainsi qu’un modèle gratuit sur Excel à télécharger.
Un tableau de flux de trésorerie est un document qui répertorie l’ensemble des entrées et sorties d’argent (encaissements et décaissements) d’une entreprise sur une année.
Il sert à calculer et suivre le solde de trésorerie, à mieux anticiper les périodes de baisse d’activité et plus globalement à surveiller la santé financière de l’entreprise.
Ce type d’outil est particulièrement utile pour les entreprises du BTP, dont le suivi financier est impacté par plusieurs facteurs : longs délais de paiement, factures intermédiaires, saisonnalité…
En plus d’une méthode pour construire votre propre tableau de flux de trésorerie, retrouvez ci-dessous un modèle Excel prêt à l’emploi en téléchargement gratuit.
Le tableau de flux de trésorerie, qu’est-ce c’est ?
Le tableau de trésorerie est un document financier qui récapitule toutes les entrées et sorties d’argent qu’une entreprise a effectuées au cours d’une période définie, souvent correspondant à la période comptable.
Il permet d’expliquer comment l’entreprise génère ses liquidités et comment elle les ré-injecte dans son fonctionnement. Ce tableau classe les flux selon trois catégories d’activités :
- Activité d’exploitation, qui concerne les opérations courantes liées à l’activité principale de l’entreprise comme les factures de solde, les acomptes, les achats de matériaux, les cotisations d’assurance…
- Activité d’investissement : elle englobe les achats et ventes d’actifs, tels qu’un véhicule professionnel, du matériel informatique, des machines ou de l’outillage lourd…
- Activité de financement : les emprunts, le remboursement de crédits, ou encore un découvert autorisé pour tenir en attendant un paiement entre deux chantiers.
En additionnant les liquidités encaissées et décaissées de ces activités, on obtient la variation du flux de trésorerie sur la période concernée. Le tableau de trésorerie fait partie des 3 états financiers essentiels d’une entreprise, avec le compte de résultat et le bilan.
Pour en savoir plus : Qu’est-ce que sont les flux de trésorerie d’une entreprise ? Définition et suivi
Pourquoi le tableau de flux de trésorerie est-il particulièrement utile dans le BTP ?
Un secteur sous tension permente
Les professionnels du bâtiment rencontrent plusieurs problématiques qui rendent la gestion financière de leur entreprise plus délicate qu’ailleurs :
- Des décalages de paiement : entre professionnels, la loi définit les délais de paiement à 45 jours fin de mois ou 60 jours date de facture. Résultat : entre la livraison du chantier et l’encaissement du solde, plusieurs mois peuvent s’écouler.
- Coûts d’achat au démarrage : la mise en route des travaux implique à l’artisan d’avancer certains frais et achats (fournitures, location d’équipements, déplacements..) qui ne sont pas toujours couverts en totalité par l’acompte.
- La facturation par situations de travaux : plutôt qu’une facturation unique en fin de prestation, beaucoup de chantiers du BTP sont facturés tout au long de son avancement, complexifiant le suivi.
- La retenue de garantie : sur les marchés de travaux publics, jusqu’à 5 % de chaque facture peut être bloqué pendant un an après la réception des travaux.
- La saisonnalité : intempéries, conditions hivernales, ralentissement de l’activité en décembre, congés estivaux du BTP… le rythme des chantiers fluctuent au courant de l’année.
- La chaîne de sous-traitance : un retard de paiement du maître d’ouvrage se répercute sur le paiement des sous-traitants, entraînant une tension de trésorerie en cascade.
- Des investissements lourds et irréguliers en matériel (engins de chantier, véhicule utilitaire, outillage…).
Avantages du tableau de trésorerie
Un tableau de flux de trésorerie bien tenu permet de :
- anticiper les périodes de tension de trésorerie avant qu’elles ne deviennent critiques ;
- vérifier que l’entreprise puisse financer un nouveau chantier sans attendre l’encaissement du précédent ;
- servir de support pour obtenir des financements avec la banque (prêt bancaire, affacturage, micro-crédit) ;
- définir le besoin en fonds de roulement (BFR) propre à chaque chantier ;
- construire un prévisionnel réaliste, intégrant des délais de paiement et les devis signés.
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De quoi se compose un tableau de trésorerie ?
Un tableau de flux de trésorerie se compose de plusieurs éléments. Voici les différentes notions à connaître :
Flux de trésorerie de l’activité (FTA)
Le Flux de Trésorerie d’Activité (FTA) correspond aux sommes liées à l’activité régulière de l’entreprise. Autrement dit, il représente approximativement le chiffre d’affaires de l’entreprise, excluant les investissements et le financement.
Le FTA prend en compte à la fois les dépenses et les recettes, reflétant ainsi la valeur monétaire de la richesse générée par l’entreprise. Il constitue généralement la majeure partie des flux de trésorerie de l’organisation.
Flux de trésorerie de l’investissement (FTI)
Cet élément du tableau de trésorerie comprend les achats ou ventes d’actifs tels que des biens immobiliers, des véhicules, des brevets, etc. Ils sont enregistrés en utilisant les fonds disponibles. Ces transactions ne prennent donc pas en compte les achats qui sont financés par un emprunt.
Flux de trésorerie de financement (FTF)
Cette catégorie englobe les revenus et les dépenses liés aux emprunts et aux capitaux propres de la société. Cela peut inclure, par exemple, le remboursement d’un prêt, l’obtention d’une nouvelle ligne de crédit, ou encore l’ajout d’un nouvel investisseur au capital.
Capacité d’autofinancement (CAF)
Cette approche permet d’évaluer la rentabilité du modèle économique d’une entreprise, c’est-à-dire de déterminer si elle génère plus de revenus qu’elle n’engage de dépenses. Pour ce faire, toutes les ressources brutes disponibles à la fin de l’exercice comptable sont prises en compte.
Flux de trésorerie disponible (Free cash flow)
Le free cash flow est un indicateur financier très important pour les chefs entreprises et les investisseurs. Il s’agit des fonds disponibles après avoir déduit les cessions d’actifs, les investissements, les impôts sur l’exploitation, et le besoin en fonds de roulement (BFR) de l’entreprise.
Besoin en fonds de roulement (BFR)
Le Besoin en Fonds de Roulement, ou BFR, correspond à l’argent dont l’entreprise a besoin pour financer son exploitation quotidienne. L’excédent de l’actif sur le passif est pris en compte, et sa variation est intégrée dans le tableau de flux de trésorerie.
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Comment calculer les flux de trésorerie ? Méthode directe et indirecte
Méthode directe
La méthode directe est souvent perçue comme la plus simple pour un dirigeant d’entreprise de bâtiment. Il suffit :
- d’additionner tous les encaissements liés à l’exploitation (acomptes, factures intermédiaires, facture de solde…)
- de soustraire tous les décaissements liés à l’exploitation (factures fournisseurs, carburants, salaires, sous-traitants, etc.).
Méthode indirecte
La méthode indirecte s’appuie sur les éléments du bilan et le résultat net. On part du résultat net, on ajoute les amortissements, puis on ajuste l’actif et le passif (créances clients, stocks de matériaux, dettes, TVA à décaisser). Elle est plus souvent utilisée par les experts-comptables en clôture d’exercice.
Pour un suivi opérationnel au quotidien, la méthode directe est largement suffisante pour un artisan ou une TPE du bâtiment. La méthode indirecte reste surtout utile pour le rapprochement avec les comptes annuels réalisé par le comptable.
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Modèle de tableau de trésorerie Excel à télécharger
Vous avez une entreprise BTP ? Découvrez notre modèle de tableau de flux de trésorerie Excel disponible en téléchargement gratuit. Conçu spécifiquement pour les artisans et les TPE et PME du bâtiment, il se compose des sections suivantes :
- Encaissements (rentrées d’argent) : acomptes, situations de travaux, factures de solde, retenue de garantie récupérée, subventions…
- Décaissements (sorties d’argent) : achat de matériaux, location de matériel, frais de déplacement, sous-traitance, salaire, loyer du local…

Ce modèle Excel convient parfaitement pour démarrer, le temps que votre activité se développe les premiers mois. Ensuite, un logiciel de gestion spécialisé BTP qui connecte votre facturation et votre suivi de trésorerie vous fera gagner du temps et limitera les risques d’erreurs de saisie.
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Comment faire un tableau de flux de trésorerie ?
Si vous souhaitez construire votre propre tableau de flux de trésorerie sur Excel, voici les différentes étapes à suivre.
1. Recueillir toutes les informations nécessaires
Recherchez et récoltez les différents documents comptables permettant de créer votre tableau de trésorerie. Les éléments dont vous aurez besoin comprennent :
- le compte de résultat pour déterminer la capacité d’autofinancement ;
- le bilan et ses annexes pour obtenir des informations sur les immobilisations, par exemple ;
- le tableau de financement pour identifier la variation du BFR et les financements.
Prenez en compte non seulement les flux de trésorerie passés, mais aussi futurs, afin d’obtenir une image réaliste et pertinente de la situation !
2. Calculer les flux de trésorerie
Une fois la structure du tableau de suivi de trésorerie en place, il est temps de le remplir. Il y a deux méthodes pour cela, comme présentées ci-dessus :
- la méthode directe, qui comptabilise tous les décaissements et encaissements des activités d’exploitation ;
- la méthode indirecte, qui se base sur la comptabilité de l’exercice et sur le résultat net du compte de résultat.
3. Mettre à jour le tableau régulièrement
Un tableau de trésorerie prévisionnel doit être mis à jour régulièrement et avec précision, en particulier pour ajuster les prévisions de trésorerie. Ce n’est pas quelque chose à faire une fois par an, puis à oublier dans un coin !
Vous devez également faire preuve de prudence dans vos hypothèses et scénarios pour reste au plus proche de la réalité. Prendre en compte des facteurs tels que les délais de paiement et la saisonnalité des ventes est essentiel pour ne pas vous tromper.
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Analyse et interprétation des flux de trésorerie
Flux de trésorerie positif
Si le flux de trésorerie est positif, cela signifie que l’entreprise a enregistré plus d’entrées d’argent que de sorties durant une période donnée, indiquant théoriquement qu’elle gagne de l’argent. Cependant, cela ne traduit pas nécessairement des bénéfices !
L’entreprise peut choisir de réinvestir cet excédent, de le distribuer aux associés ou de rembourser des emprunts. Ainsi, il est possible d’avoir un flux de trésorerie positif sans réaliser de bénéfices, et vice versa : l’entreprise peut aussi être rentable sans avoir un flux positif.
Flux de trésorerie négatif
D’un autre côté, si le flux de trésorerie est négatif, cela signifie que l’entreprise a dépensé plus d’argent qu’elle n’en a gagné. Il n’y a pas lieu de s’alarmer immédiatement, car cela peut être le résultat d’un investissement majeur effectué pour se développer ou rembourser des dettes.
Toutefois, si ce n’est pas la raison du flux négatif au sein du tableau de trésorerie, cela pourrait indiquer que l’entreprise n’est pas rentable. Dans ce cas, une analyse plus approfondie serait nécessaire pour ajuster les dépenses ou les recettes, afin de remédier à la situation.
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Quand réaliser un tableau de trésorerie ?
Le tableau de trésorerie offre une vue d’ensemble de la situation financière d’une entreprise, en s’appuyant sur des données historiques. Il s’établit normalement en parallèle avec le bilan comptable.
La fréquence de réalisation du tableau des flux de trésorerie peut varier selon la taille et les besoins de l’entreprise. On peut en créer un mensuellement, semestriellement ou même annuellement.
C’est dans tous les cas un signe révélateur de la santé financière de la société, et une base solide pour établir un plan de trésorerie prévisionnel pour l’année suivante. Le tableau de trésorerie est également souvent conçu en même temps que le budget prévisionnel pour faire des prévisions précises et contribuer à une gestion financière efficace et stratégique.
Le tableau de trésorerie représente donc un outil de suivi financier précieux afin de savoir comment une entreprise génère de l’argent au cours de son exercice. Il est assez simple à comprendre et les gérants d’entreprise intègrent couramment ce tableau dans les annexes comptables en complément des comptes de résultat et du bilan !
Questions fréquentes sur le tableau de flux de trésorerie (FAQ)
Le tableau de trésorerie répertorie les flux entrants et sortants sur une période donnée, généralement sur le mois qui vient de s’écouler. Le plan de trésorerie (ou tableau de trésorerie prévisionnel) est une projection des encaissements et des décaissements à venir, à partir des devis signés, des factures en attente et des dépenses engagées. Les deux ont le même objectif (suivre la trésorerie de l’entreprise), mais se concentre sur une temporalité différente : l’un sur les flux passés, l’autre sur les flux futurs.
Créez un onglet avec les catégorie de flux (encaissements, décaissements), avec une colonne par mois. Renseignez les montants réels ou prévisionnels, calculez le total de chaque flux par mois, puis cumulez-le au solde du mois précédent pour obtenir la trésorerie cumulée. Notre modèle Excel gratuit reprend cette structure, adaptée aux postes spécifiques du BTP (achats de matériaux, sous-traitance, facture de situation, acompte…).
La retenue de garantie doit apparaître deux fois : en déduction de l’encaissement au moment de la facturation, puis en encaissement à part entière lors de sa libération, généralement un an après la réception des travaux. Il est conseillé de la suivre sur une ligne dédiée pour l’identifier et anticiper son retour dans votre trésorerie.
Les trois types de flux de trésorerie sont :
– les flux de trésorerie de l’activité (FTA) liés au fonctionnement courant de l’entreprise (ventes de service, achats fournisseurs)
– les flux de trésorerie de l’investissement (FTI) tels qu’un véhicule, des équipements, de l’immobilier…
– les flux de trésorerie de financement (FTF), c’est-à-dire les crédits, emprunts bancaires…
Idéalement, on recommande une mise à jour hebdomadaire dès que vous suivez plusieurs projets en parallèle, car les décalages d’encaissement évoluent vite. Un artisan avec un seul chantier à la fois peut se contenter d’une mise à jour mensuelle, à condition de l’actualiser dès qu’un encaissement ou un décaissement important intervient.