Vous êtes employeur ou salarié dans le secteur du bâtiment ? Comme de nombreux professionnels du BTP, vous êtes peut-être un peu perdu face à la gestion des congés payés. Ces derniers sont non seulement régis par le Code du Travail, mais aussi par les conventions collectives du bâtiment et travaux publics. Alors, comment fonctionnent les congés payés dans le BTP ? Quand sont ils acquis et quand peut on les poser en 2026-2027 ? Quelles sont les spécificités liées au secteur du bâtiment ? Découvrez 9 infos utiles sur les congés payés dans le bâtiment, pour y voir enfin plus clair !
Dans le BTP, la période de référence (ou période d’acquisition) des congés payés s’étend du 1er avril au 31 mars, et non du 1er juin au 31 mai comme dans le régime général.
Ces sont les caisses de congés dédiées au bâtiment (CIBTP et CNETP) qui gèrent la collecte des cotisations auprès de l’employeur et versent les indemnités aux salariés.
Depuis la loi DDADUE du 22 avril 2024, tout arrêt maladie, même non professionnel, ouvre droit à l’acquisition de congés payés à hauteur de 2 jours/mois, plafonnés à 24 jours/an.
Le bâtiment a plusieurs spécificités concernant les congés payés : portabilité des droits d’un employeur à l’autre, prime de vacances, et congés intempéries.
1. Les droits et obligations de l’employeur BTP et du salarié
Obligations de l’employeur
La réglementation du BTP impose à un employeur plusieurs obligations envers ses salariés :
- Il doit informer ses employés de leurs droits concernant les congés payés : dates disponibles, suivi du solde restant et rappel de la date butoir pour poser les congés.
- L’employeur doit aussi déclarer le temps de travail du salarié à la caisse de Congés payés du BTP et transmettre les dates choisies pour que celle-ci puisse l’indemniser.
- En cas de rupture ou de fin de contrat, il doit remettre au salarié un certificat de congés payés. Ce document atteste des congés acquis pendant son contrat et lui permet de cumuler ses droits chez son nouvel employeur.
Obligations du salarié BTP
Le salarié, de son côté, a pour obligation de prendre ses congés payés pendant la période et les dates indiquées par son employeur et fixées par la convention collective. Pendant ses congés, le salarié n’a pas le droit de travailler, ni pour son entreprise ni pour toute autre structure.
Et que se passe-t-il si un ouvrier BTP ne prend pas ses congés ? Deux cas de figure possibles :
- L’employeur a empêché ou rendu impossible la prise des congés : l’ouvrier peut réclamer des dommages et intérêts.
- L’employeur a correctement informé le salarié mais ce dernier n’a pas posé de congés avant la date limite : les congés sont alors perdus et ne seront pas indemnisés.
Il existe toutefois des exceptions, notamment en cas d’arrêt maladie, d’accident du travail ou de décès dans la famille.
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2. Les caisses de congés payés dans le bâtiment
Dans le BTP, les congés payés ne sont pas gérés directement par l’employeur comme c’est le cas dans le régime général. Ce sont des caisses spécialisées qui centralisent les droits, collectent les cotisations et s’occupent de verser les indemnités. Il en existe deux caisses selon le secteur (privé ou public) :
- la CIBTP (Congés Intempéries BTP), qui gère les congés des salariés du bâtiment, avec des caisses régionales réparties sur toute la France.
- la CNETP (Caisse nationale des entrepreneurs de travaux publics), qui gère les congés des salariés des travaux publics.
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3. L’acquisition des congés payés dans le BTP
A partir de 10 jours de travail effectif dans une entreprise (nombre de jours fixé par le Code du Travail), un salarié du BTP a droit à des congés payés. Il acquit ensuite 2,5 jours de congés par mois pendant la période de référence, soit un maximum de 30 jours ouvrables par an (ou 5 semaines).
Période de référence et de prise de congés
La période de référence (ou période d’acquisition) est propre au BTP : elle court du 1er avril au 31 mars, et non du 1er juin au 31 mai comme dans le régime général. Elle permet de comptabiliser le nombre d’heures travaillées, servant de base pour le calcul des indemnités journalières.
Voici les dates à retenir pour prendre ses congés BTP en 2026-2027 :
- La période de référence (soit d’acquisition des jours de congé) s’est étendu du 1er avril 2025 au 31 mars 2026 pour les congés à prendre sur l’année 2026-2027.
- La période de prise des congés est du 1er mai 2026 au 30 avril 2027 pour les congés acquis sur la période de référence 2025-2026.
La période d’acquisition actuelle du 1er avril 2026 au 31 mars 2027 vous permettra de prendre vos congés entre le 1er mai 2027 et le 30 avril 2028.
Les absences qui réduisent l’acquisition
Attention, certains types d’absence peuvent réduire l’acquisition des congés payés :
- Congé parental à temps plein ;
- Congé de solidarité familiale ;
- Congé sabbatique ;
- Grève ;
- Absences injustifiées ;
- Mise à pied.
Les absences qui n’affectent pas l’acquisition
A l’inverse, certains types d’absences sont assimilés à du temps de travail effectif et n’impactent pas l’acquisition des congés payés :
- Accidents du travail et maladies professionnelles ;
- Arrêts maladie pour maladie non professionnelle (depuis 2024) ;
- Congés maternité, paternité et d’adoption ;
- RTT et repos compensatoires ;
- Formation professionnelle ;
- Congés spéciaux (événements familiaux) ;
- Service national et congé de fin de carrière.
C’est la loi DDADUE du 22 avril 2024 qui a modifié les droits d’acquisition des salariés en arrêt maladie non professionnelle. Avant, seuls les arrêts liés à un accident du travail ou à une maladie professionnelle permettaient de cumuler des jours.
Depuis la loi DDADUE, un salarié en arrêt maladie non professionnelle acquiert 2 jours de congés payés par mois, soit un maximum de 24 jours par an.
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4. Les dates de prise de congés payés
Quand est-il possible de poser ses congés payés dans le BTP ? Les conventions collectives du bâtiment organisent la prise des congés selon le statut du salarié, en deux temps distincts : les congés principaux, et les congés restants (5ème semaine).
Voici le calendrier applicable pour l’année 2026-2027 :
| Période | Ouvriers | ETAM et cadres |
| Congé principal (4 premières semaines) | 12 jours ouvrables consécutifs minimum, 24 jours ouvrables maximum, entre le 1er mai et le 31 octobre 2026 | 12 jours ouvrables consécutifs minimum, 24 jours ouvrables maximum, entre le 1er mai et le 31 octobre 2026 |
| 5ème semaine (jours restants au-delà du 24e jour) | En une seule fois, entre le 1er novembre 2026 et le 31 mars 2027 | En une seule fois, entre le 1er novembre 2026 et le 30 avril 2027 |
Quelques précisions à prendre en compte :
- Inscrite dans le Code du Travail, l’obligation de poser 12 jours min consécutifs entre le 1er mai et le 31 octobre est une mesure servant assurer la bonne récupération physique et mentale du salarié.
- Un employeur BTP peut légalement imposer la fermeture annuelle de son entreprise (estivale ou autre), sans avoir à obtenir l’accord individuel de chaque salarié.
- Si un accord avec un syndicat ou directement avec les salariés a été signé, il est possible de fractionner la 5e semaine en jours distincts et séparés entre le 1er mai et le 30 avril.
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5. La gestion des congés payés BTP en cas de fin de contrat
Concernant la gestion des congés payés en fin de contrat (dont licenciement), il existe dans le BTP une spécificité par rapport au régime général. En effet, les congés payés ne sont pas intégrés au solde de tout compte versé par l’employeur, comme c’est le cas dans les autres secteurs.
Ce sont ici les caisses de congés payés (CIBTP et CNETP) qui en assurent la gestion. Comme expliqué plus haut, à son départ, le salarié reçoit un certificat de congés payés. Ce document lui permet de faire valoir ses droits de deux façons :
- S’il trouve un nouvel emploi dans le BTP, les jours de congés acquis sont transférés à la nouvelle entreprise et gérés par la même caisse.
- S’il décide de quitter le secteur du bâtiment, le salarié peut demander le paiement de ses congés directement auprès de la caisse affiliée.
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6. Les cas particuliers et congés spéciaux
Les congés d’ancienneté
Les congés d’ancienneté, comme leur nom l’indique, donnent droit à des jours de congés payés supplémentaires en fonction des années de présence du salarié dans l’entreprise. Dans le BTP, l’attribution congé supplémentaires selon ancienneté dépend du statut (ouvrier, ETAM ou cadre).
Les ouvriers BTP ne bénéficient pas de jours supplémentaires de congé, mais d’une compensation financière versée par la caisse de congés payés.
Les ETAM et cadres, eux, ont droit à des jours supplémentaires :
- 2 jours en plus après 5 ans d’ancienneté dans l’entreprise (ou 10 ans dans le secteur BTP) ;
- 3 jours en plus après 10 ans d’ancienneté dans l’entreprise (ou 20 ans dans le secteur BTP).
Les congés pour événements familiaux
Les salariés du BTP peuvent bénéficier de congés spéciaux en cas d’événements familiaux :
- Décès : 5 jours pour un enfant, 3 jours pour un proche de premier degré (conjoint, parent), 1 jour pour un proche de second degré.
- Handicap d’un enfant : 2 jours.
- Mariage et PACS du salarié : 4 jours
- Mariage ou PACS d’un enfant : 1 jour
- Naissance ou adoption : 3 jours, auxquels s’ajoute le congé parental légal.
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7. Les spécificités des congés dans le bâtiment

Conservation des droits d’un employeur à l’autre
L’une des principales spécificités du bâtiment (et un bel avantage pour les salariés) est la conservation des congés payés acquis d’une entreprise à l’autre.
Lorsqu’un salarié quitte un employeur, il reçoit un certificat qui lui permet de justifier de ses droits auprès de son nouvel employeur. La seule condition est rester dans la profession.
La fermeture annuelle
Un employeur BTP peut décider d’une fermeture annuelle (estivale ou hivernale) sans avoir besoin de l’accord de ses salariés, après consultation auprès du CSE (si applicable).
Plusieurs points à connaître :
- La durée maximale de fermeture est de 24 jours ouvrables consécutifs (soit 4 semaines)
- Les dates doivent leur être communiquées au moins 1 mois à l’avance ;
- Si l’entreprise ferme sans avoir averti les employés dans ce délai, l’employeur doit verser une indemnisation couvrir les salaires perdus ;
- Si le salarié n’a pas acquis assez de jours de congés payés pour couvrir la période entière de fermeture de l’entreprise, il peut réclamer une aide financière à France Travail.
Les congés intempéries
Lorsque les conditions climatiques (neige, gel, canicule, tempête) rendent le travail sur un chantier impossible ou dangereux, l’employeur peut décider d’un arrêt pour intempéries selon l’article L5424-8 du Code du Travail.
Les salariés perçoivent alors une indemnité (à hauteur de 75% du salaire brut), financée par la CIBTP. Pour en bénéficier, le salarié doit être présent sur le chantier au moment de l’arrêt, et justifier d’au moins 200 heures de travail dans les 2 mois précédant.
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8. Le calcul des indemnités des congés dans le BTP
C’est la caisse de congés payés (CIBTP ou CNETP) qui calcule et verse les indemnités de congés, sur la base des informations transmises par l’employeur. Le calcul s’effectue selon deux méthodes et retient le résultat le plus avantageux.
Méthode 1 : le dixième du salaire brut annuel
L’indemnité journalière = salaire total brut perçu sur la période de référence ÷ 10 ÷ nombre de jours de congés.
Méthode 2 : le maintien de salaire
L’indemnité journalière = taux horaire du dernier mois travaillé × nombre d’heures travaillées sur la période ÷ 10 ÷ nombre de jours de congés.
Exemple de calcul de congés payés BTP
Imaginons qu’un ouvrier du BTP travaille à temps plein (1 820 heures sur l’année). Il a perçu 24 000 € brut sur sa période de référence et a droit à 30 jours de congés. Le taux horaire affiché sur sa dernière fiche de paie est de 12,50 €.
- Méthode 1 : 22 750 € ÷ 10 ÷ 30 = 80 € / jour
- Méthode 2 : (12,50 × 1 820) ÷ 10 ÷ 30 = 75,83€ / jour
La caisse va donc retenir la méthode 2, plus favorable pour le salarié : 75,83 € par jour de congé.
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9. La prime de vacances BTP
Dernière spécificité des congés payés BTP, les salariés perçoivent une prime de vacances prévue par la convention collective. Son but ? Tout simplement aider les travailleurs à mieux profiter de leurs vacances.
Son montant s’élève à 30 % de l’indemnité de congés payés, calculée sur la base du congé principal (24 premiers jours ouvrables). A savoir qu’elle n’est pas due pour la 5ème semaine.
Par exemple, si le salarié touche 1200 € de congé payé, il reçoit une prime de 360 € supplémentaires.
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Questions fréquentes sur les congés dans le BTP (FAQ)
La demande de congés peut varier selon les entreprises et les conventions collectives. En général, le salarié doit informer son employeur des dates souhaitées en avance, dans un délai défini en amont. Ce dernier doit ensuite donner son approbation pour valider la prise de congés. Il a le droit de refuser s’il juge que l’absence perturbe le bon fonctionnement de l’entreprise.
Un employeur peut effectivement imposer des congés à un salarié sous certaines conditions : fermeture annuelle de l’entreprise ou fermeture temporaire liée à une situation exceptionnelle, accord d’entreprise fixé dans le contrat ou organisation interne des congés pour assurer le bon fonctionnement de l’entreprise. Rien ne l’empêche néanmoins de respecter les préférences et les contraintes personnelles de chaque employé.
Lorsqu’un salarié change d’employeur mais reste dans le secteur du bâtiment, ses droits sont maintenus par la caisse de son ancien employeur au 31 mars de la période de référence. Le paiement de ces droits sera effectué en fonction des dates de congé transmises par son nouvel employeur.
Chaque année, il est possible de maximiser ses absences payées en tenant compte des jours fériés pour prendre le plus de jours de repos possible à la suite. Par exemple, en 2026, le 14 juillet tombe un mardi : posez votre lundi pour vous offrir un week-end de 4 jours. Idem le 11 novembre avec l’Armistice qui tombe un mercredi : posez votre jeudi et vendredi pour une longue pause.
Depuis le 24 avril 2024, tout arrêt maladie, y compris pour maladie non professionnelle, permet d’acquérir des jours de congés payés. Avant cette réforme, seuls les arrêts liés à un accident du travail ou une maladie professionnelle ouvraient ce droit. Désormais, un salarié en arrêt maladie classique acquiert 2 jours ouvrables par mois (plafonnés à 24 jours par an).
Dans le bâtiment, la période de prise des congés se clôture au 30 avril. Passée cette date, les jours non utilisés sont en principe perdus, sauf si l’employeur n’a pas rempli ses obligations d’information. Dans ce cas, le salarié peut saisir le tribunal pour réclamer des dommages et intérêts. Pour éviter tout litige, l’employeur a intérêt à informer ses salariés par écrit du nombre de jours restants bien avant la date limite.
Selon la législation, les salariés du BTP ont donc droit à 30 jours ouvrables de congés payés, qu’ils doivent prendre lors de deux périodes préalablement fixées par les conventions collectives du métier. Heureusement, la gestion en est simplifiée par la caisse des congés payés du BTP, qui prend en charge le calcul et le versement des indemnités aux employés. Ainsi, aucun risque de retard ou de fraude ! Le nombre de congés payés auquel un ouvrier a droit est flexible et peut varier selon certaines circonstances, à la hausse comme à la baisse. Lescongés payés sont donc un droit non négligeable pour les salariés, et il est important pour chaque parti d’en comprendre les tenants et les aboutissants.