Maçon : Salaire et formation en 2020 – Fiche métier

Par Flo - Les métiers - 15 juillet 2020

Vous souhaitez devenir maçon, ou du moins ce corps de métier du BTP vous intéresse ? Vous êtes au bon endroit ! La maçonnerie est une profession du gros œuvre, qui consiste à poser l’ossature d’une construction. C’est un travail évolutif, qui offre des prestations variées dans des secteurs diversifiés. Dans cette fiche métier, vous trouverez toutes les informations dont vous avez besoin sur le métier de maçon : rôle et caractéristiques, possibilités de formation et de reconversion, salaires en fonction du niveau d’expérience, et même quelques conseils pour trouver un emploi !

Le métier de maçon / maçonne : présentation

Le rôle d’un maçon dans le bâtiment

Un professionnel de la maçonnerie travaille dans l’industrie de la construction et du bâtiment. C’est le premier corps de métier à intervenir sur un chantier, juste après la finition de la préparation du sol par le terrassier.

Dans le secteur traditionnel, son rôle est de préparer toutes les fondations (murs, cloisons, dalles) selon les plans qui lui sont délivrés. Elles sont généralement construites en briques, en pierres ou en parpaings, et assemblées avec un liant comme du ciment ou du mortier. Dans le secteur professionnel, un maçon sera plutôt amené à utiliser les techniques de ferraillage, de coffrage et de moulage, et de couler du béton. 

Le maçon est un ouvrier qualifié, responsable de la solidité, de l’étanchéité et de l’isolation d’une construction, ainsi que du respect des normes environnementales. Il s’agit donc d’un métier de gros œuvre, avec des interventions sur des bâtiments neufs ou anciens (rénovations).

En fonction du type de chantier et de son importance, le maçon peut travailler seul ou en équipe, sous la direction d’une entreprise de maçonnerie ou bien comme maçon auto-entrepreneur.

Les qualités et compétences nécessaires

Que faut-il pour être un bon artisan maçon ? Pour commencer, maîtriser le savoir-faire de son métier est primordial, car c’est par un travail de qualité que l’on pose les bases d’un bon chantier.

Dans ce savoir technique, on regroupe :

  • Connaissance des techniques de maçonnerie, de coffrage, de ferraillage, de moulage, etc.
  • Être familier avec tous types de matériaux de construction (ciment, béton, parpaings, plâtre, etc.), mais aussi avec les résines et mortiers.
  • Maîtrise des outils du maçon : bétonnière, burin, foreuse, niveau, truelle, etc.
  • Capacité de lecture des plans, tracés et repères sans erreurs de calcul et avec une grande précision.
  • Suivi, connaissance et respect des règles de sécurité d’un chantier.
  • Capacité de monter un échafaudage.

En plus de ces compétences techniques, le métier de maçon exige d’autres qualités liées à des compétences humaines telles que le savoir-être ou le caractère :

  • Excellente condition physique (port de charges lourdes, travail en extérieur et parfois sous des conditions météorologiques difficiles, etc.).
  • Très bon équilibre.
  • Compétences organisationnelles et managériales d’un chantier.
  • Prudence et respect parfait des consignes de sécurité.
  • Bonne gestion de son temps.
  • Esprit d’équipe et sens des responsabilités. 
  • Disponible et polyvalent, avec une bonne capacité d’adaptation aux imprévus. 
  • Mobile et ouvert aux déplacements loin de son domicile, voire à l’étranger.

Avantages et inconvénients du métier

Les inconvénients

Comme tous les métiers du BTP, il existe des avantages et des inconvénients à celui de maçon. Commençons donc par les inconvénients. Comme dit précédemment, travailler en maçonnerie peut se révéler très physique : il faut exercer en extérieur et en hauteur, parfois dans des positions inconfortables (à genoux).

Un professionnel de la maçonnerie est également souvent exposé à la chaleur, aux bruits et à la poussière, sans compter la pluie et la neige. Il arrive qu’il soit éloigné pendant plusieurs jours de son domicile, car les chantiers en maçonnerie peuvent se dérouler partout en France.

De plus, il peut être soumis aux aléas de la construction, qui peuvent l’obliger à faire quelques heures supplémentaires ou à travailler le week-end pour pouvoir finir un chantier à temps.

Les avantages

Penchons-nous à présent sur les avantages d’être maçon. Heureusement, travailler en extérieur s’avère plus souvent une chance qu’un inconvénient : le maçon exerce son métier au grand air et il ne reste pas assis derrière un bureau toute la journée.

Il crée quelque chose de ses mains et peut faire preuve de créativité. En constant contact avec ses clients ou son équipe, le maçon profite d’un très bon relationnel et peut interagir facilement avec des personnes externes.

De plus, toutes les connaissances et compétences acquises de par son métier sont réutilisables dans sa vie privée : il peut effectuer des travaux chez lui ou rendre service à ses proches, avec de grandes économies d’argent à la clé.

Quelle formation pour devenir maçon ? 

formation maçon

Le CAP maçon

Le CAP (Certificat d’Aptitude Professionnelle) correspond à la première option de formation en maçonnerie possible. L’étudiant commence dès la fin du collège en 3e, et ce pour une période de 2 ans d’étude.

Le CAP peut être suivi à temps plein ou bien en apprentissage si l’élève souhaite déjà acquérir de l’expérience professionnelle. Généralement, l’apprenti maçon commence ensuite directement sa vie active, mais il a aussi la possibilité de poursuivre sur 1 an avec une Mention Complémentaire, ou sur 2 ans avec un Bac ou un Brevet professionnel.

Vous pouvez retrouver la liste des établissements de formation en maçonnerie sur le site de l’Onisep. Peut-on passer le CAP maçon en candidat libre ? Oui ! Il suffit d’avoir plus de 18 ans et d’en faire la demande auprès de l’académie de sa région ou bien directement sur Internet. 

Brevet, bac pro et BTS maçonnerie 

Si l’étudiant n’a pas la possibilité de se former avec un CAP, qu’il souhaite poursuivre la formation de maçon, ou même faire des études supérieures après le lycée, c’est tout à fait possible. Voici les 3 options : 

  • Le Bac professionnel Technicien du Bâtiment, organisation et réalisation du gros œuvre (TBORGO) : en formation classique, l’élève doit d’abord effectuer une seconde professionnelle dans la spécialité “métiers de la construction durable, du bâtiment et des travaux publics” pour pouvoir postuler ensuite au Bac pro maçon. S’il choisit un cursus en apprentissage, l’étudiant peut postuler dès la 3e. Dans les deux cas, la formation se poursuit ensuite sur une période de 3 ans (sans CAP) ou de 2 ans (en complètement d’un CAP). À la fin du cursus, l’apprenti maçon reçoit un diplôme national.
  • le Brevet professionnel de maçonnerie : le Brevet professionnel est du même niveau que le Baccalauréat, et donne également droit à un diplôme reconnu par l’État. Cela permet également d’être catégorisé “ouvrier hautement qualifié” dans les conventions collectives du bâtiment, et donc d’accéder à plus de responsabilités. Il s’agit d’une formation en alternance sur 2 ans, qui combine des enseignements scolaires classiques (mathématiques, français, etc.) avec l’acquisition d’un savoir-faire pratique et technique en entreprise. Pour ceux qui le veulent, voici la description détaillée de la formation.
  • Le BTS bâtiment : avec un excellent dossier ou une mention à l’examen du Brevet professionnel ou du Bac pro, l’apprenti maçon peut envisager de continuer ses études en BTS maçonnerie (Brevet de Technicien Supérieur). L’étudiant peut alors prétendre à un métier de conducteur de chantier. Son rôle sera alors de gérer, préparer, suivre les chantiers et les équipes de maçonnerie. S’il le désire, l’élève peut poursuivre avec une licence ou un diplôme d’ingénieur.

Reconversion : faire une formation maçon pour adulte

Les études de maçon ne sont pas réservées qu’aux adolescents et aux étudiants : il existe également des solutions pour les adultes qui souhaitent se reconvertir. Par exemple, l’AFPA propose des formations de maçon en centre ou en apprentissage.

Le réseau d’enseignement GRETA aussi, proposant des actions de formation continue régionale pour les adultes. Pour voir les différentes offres et formations disponibles, consultez le site GRETA de votre région.

Enfin, il existe des formations de maçon accessibles sur Pôle Emploi, avec un annuaire de recherche. Elles sont toutes certifiantes, et la plupart sont éligibles au CPF ou financées par Pôle emploi même. La plupart de ces organismes facilitent également l’accès à la formation en proposant des cours en ligne ou des cours du soir.

Devenir maçon sans diplôme : possible ou pas ?

Pour devenir maçon, il n’est pas forcément nécessaire de posséder un diplôme ni de suivre une formation.

En effet, dans le cas où vous auriez déjà 3 années d’expérience dans le métier, vous pouvez demander à la Chambre des Métiers et de l’Artisanat une reconnaissance de qualification professionnelle via la VAE (Validation Par l’Expérience).

C’est reconnaissance vous autorise ensuite à exercer, au même titre qu’un diplôme, en tant que maçon salarié ou maçon indépendant.

→ Si vous ne possédez pas ces 3 années d’expérience, vous devrez alors suivre l’un des cursus développés plus haut dans cet article pour accéder à une formation professionnelle et obtenir une qualification officielle.

Quel est le salaire d’un maçon en 2020 ? 

Salaire d’un apprenti maçon

La grille de salaire d’un apprenti maçon en apprentissage dépend de son âge et de son ancienneté dans l’entreprise. Le salaire de l’apprenti est alors basé sur un pourcentage du SMIC. Il est possible que les accords collectifs d’une entreprise stipulent une rémunération plus importante.

Voici la grille salariale définie par la convention collective des ouvriers du bâtiment pour les apprentis: 

  • 1re année : 40 % du SMIC pour les moins de 18 ans, 50 % du SMIC entre 18 et 20 ans, et 55 % du SMIC pour les plus de 21 ans.
  • 2e année : 50 % du SMIC pour les moins de 18 ans, 60 % du SMIC entre 18 et 20 ans, et 65 % du SMIC pour les plus de 21 ans.
  • 3e année : 60 % du SMIC pour les moins de 18 ans, 70 % du SMIC entre 18 et 20 ans, et 80 % du SMIC pour les plus de 21 ans.

Bon à savoir : si l’apprenti de moins de 21 ans passe un palier d’âge en cours de son année d’apprentissage, son salaire augmentera le premier jour du mois venant après sa date d’anniversaire. De plus, puisque l’apprenti est exonéré de charges, sa rémunération de maçon en net correspond à sa rémunération en brut.

Salaire d’un maçon débutant

Le salaire moyen d’un maçon débutant est de 1539 € brut mensuel, ce qui correspond au SMIC pour le BTP en 2020. Ce montant peut varier en fonction des régions, avec une rémunération en moyenne plus élevée en Île-de-France et dans le Sud-Est. Ici, on cible particulièrement les maçons qui viennent d’entrer sur le marché du travail et possèdent moins d’une année d’expérience.

L’idée est donc de débuter sa carrière en tant que salarié dans une entreprise, afin d’accumuler les expériences et les compétences. Plus vous gagnerez en ancienneté, plus vous pourrez prétendre à une augmentation salariale. Les possibilités d’évolution en maçonnerie sont grandes, et vous pourrez gagner en grade dès que vous vous en sentirez prêt.

Salaire d’un maçon expérimenté

Comme nous l’avons dit, le salaire d’un maçon qualifié augmente proportionnellement à ses années d’expérience, pour atteindre en moyenne environ 1.900 € brut après 5 ans. Souvent, le maçon évolue avec un poste de chef d’équipe, qui lui donne plus de responsabilités et des compétences de gestion d’équipe supplémentaires.

Le salaire d’un maçon chef d’équipe ou chef de chantier est d’environ 2 600 € net par mois. De nouveau, ce montant dépend souvent du niveau d’expérience, de l’entreprise et de la région. Lors de la négociation d’un salaire de maçon, il est possible de jouer sur différents leviers :

  • l’ancienneté ;
  • le prestige des entreprises pour lesquelles le maçon a précédemment travaillé (grandes enseignes) ;
  • les diplômes ;
  • les savoir-faire (compétences de planification et de construction, capacité de gestion de projet, connaissance des équipements et travaux) ;
  • la connaissance des règlementations en vigueur et des différents logiciels ;
  • la maîtrise d’une seconde langue, notamment l’anglais technique.

Revenus et tarif horaire d’un maçon auto-entrepreneur

Une autre manière d’augmenter son salaire de maçon, c’est de se lancer en tant que chef d’entreprise. Il peut alors s’avérer plus compliqué de trouver des chantiers, mais le maçon peut également fixer ses propres tarifs. Avec un travail de qualité et des compétences relationnelles pour attirer et retenir les prospects, il est possible de trouver des clients sans mal.

La tarification est généralement horaire ou journalière, avec un tarif horaire moyen de 50 € de l’heure, et une fourchette de 280 à 420 € la journée de travail sur un chantier.

Les revenus d’un maçon auto-entrepreneur peuvent alors augmenter jusqu’à 5 500 € de chiffre d’affaire mensuel en fin de carrière. Retrouvez dans cet article toutes les étapes et démarches à effectuer pour créer son entreprise bâtiment en maçonnerie.

Rémunération d’un maçon : tableau comparatif

Brut mensuelBrut annuel
Apprenti615 à 1230 €de 7 à 14 k
1 à 5 ans d’expérienceSMIC à 1.800 €de 19 à 22 k
5 à 10 ans d’expérience1.950 à 3300 €de 23 à 39 k
Auto-entrepreneur2 800 à 5 500 € (CA)de 33 à 66 k

Comment trouver un emploi de maçon et des chantiers en maçonnerie ? 

La recherche d’un emploi de maçon ne devrait pas être trop compliquée.

En effet, même dans un contexte de crise, l’industrie du bâtiment est un secteur qui reste toujours dynamique. La demande de maçons qualifiés est forte et plus importante que l’offre de main d’œuvre : selon les chiffres de la Fédération française du bâtiment, près de 80 000 postes sont proposés tous les ans.

Pour trouver un emploi de maçon, nous conseillons de commencer par postuler auprès des entreprises de sa région. Aller les voir directement, ou bien postuler par email en envoyant son CV de maçon et sa lettre de motivation donne généralement de bons résultats.

Idéalement, il faut identifier la personne en charge du recrutement et la contacter directement. Pour ce qui est de trouver des chantiers lorsque l’on est maçon indépendant, voici 5 conseils :

  • communiquez sur les réseaux sociaux à propos de votre activité ;
  • imprimez et distribuez des flyers ;
  • utilisez votre véhicule utilitaire comme objet publicitaire ;
  • appuyez-vous sur le bouche-à-oreille ;
  • identifiez-vous sur Google My Business.

Vous êtes à présent incollable sur le métier d’artisan maçon ! Indispensable dans le gros œuvre, ce corps de métier est responsable de toutes les fondations d’un chantier, et donc de sa réussite directe. C’est un travail avec des missions diversifiées, où les jours passent mais ne se ressemblent pas. Les formations scolaires sont très accessibles pour les étudiants qui souhaiteraient choisir cette voie. Pour les adultes, il existe beaucoup de perspectives de reconversion grâce aux organismes comme AFPA, GRETA ou Pôle emploi. Que vous décidiez d’être salarié ou auto-entrepreneur, votre salaire augmentera proportionnellement à vos années d’expérience et à votre expertise. La maçonnerie est donc un secteur du bâtiment peu touché par le chômage et qui présente de grandes opportunités d’avenir pour nos plus jeunes maçons.

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