La transition digitale du BTP : ses enjeux et ses principaux outils

Par Laurie - Actualités du BTP - 24 février 2020

Depuis plusieurs années, une ère nouvelle du bâtiment se profile, où collaboration, technologie et digitalisation sont les maîtres-mots. Une volonté commune de renouveler l’image du secteur se propage entre les grosses et petites entreprises, les artisans, les start-ups et l’Etat. Au programme de cette révolution numérique : renforcer la sécurité des travailleurs, regagner la confiance du public, s’aligner sur les problématiques environnementales et faciliter le quotidien des entrepreneurs du bâtiment. Retour sur les enjeux actuels de la transition digitale du BTP, de sa prise de direction à ses principaux outils. 

La digitalisation du bâtiment : une transition nécessaire

À l’aube de 2020, la transformation digitale est déjà en marche dans le domaine du bâtiment et des travaux publics. Des starts-up au gouvernement, divers moyens et mesures de mutation ont fleuri avec l’objectif de dynamiser la croissance de l’industrie. 

Plus qu’inévitable, entamer ce virage numérique est aussi absolument nécessaire pour plusieurs raisons. 

Pour l’avenir du secteur tout entier

Par rapport à d’autres industries, la branche du bâtiment a fait une entrée tardive dans le digital. Après une prise de conscience collective, le besoin d’innovation se fait actuellement ressentir à de nombreux niveaux : productivité, gestion administrative, relation client, sécurité, pénibilité au travail… 

En réponse, les jeunes start-ups se multiplient pour proposer des solutions concrètes à ces problèmes venant ternir l’image d’un secteur pourtant indispensable à l’économie du pays. 

Ces solutions s’étendent à tout le cycle de vie d’un bâtiment, et pas seulement à l’échelle d’un chantier : de l’étude de faisabilité du projet jusqu’à sa démolition, en passant par la réalisation des plans, la phase de construction et l’exploitation par les usagers. 

Les nouvelles générations d’artisans, qu’ils soient peintres, électriciens, menuisiers ou encore maçons, ont grandi dans le contexte de la digitalisation. Ils souhaitent voir la même courbe de modernisation toucher leur vie professionnelle. S’il échoue à se réinventer, le BTP risque de saluer un désintérêt croissant de la part des jeunes et une crainte collective à se lancer dans les métiers de l’artisanat.

Pour l’écologie et la performance énergétique

Aujourd’hui, on ne peut plus nier l’impact écologique du secteur BTP.

L’arrivée sur le marché de nouveaux matériaux innovants et durables, tels que des champignons isolants ou du ciment zéro carbone, montre la place de plus en plus centrale de l’écologie dans le bâtiment. Plus résistants, écologiques et économiques sur le long terme, ces matériaux bousculent les codes et marquent l’évolution du secteur. 

C’est pourquoi un des enjeux majeurs de la digitalisation est d’avancer main dans la main avec la transition écologique.

Il y a un réel besoin de repenser l’aménagement des espaces publics, à la fois pour maximiser la mobilité des usagers et pour réduire l’empreinte environnementale de la construction. 

Avec la montée de l’urbanisation, les prochaines années vont être synonymes de nombreux défis en terme de logements et d’infrastructures. Les petites villes et les métropoles vont devoir accueillir davantage de personnes, et ce, dans des habitations de qualité et respectant les critères de performance énergétique. Il en va de même pour les réseaux de transport en public, qu’il faut développer et moderniser.

Pour la productivité et la compétitivité des TPE et PME du bâtiment

Du point de vue des artisans et des entreprises du bâtiment, l’enjeu de la mutation numérique est double. D’une part, il est devenu indispensable d’adapter son business model afin de se conformer aux attentes de sa clientèle.

Dans l’environnement ultra-connecté actuel, l’expérience client est un élément capital du BTP. Les exigences des maîtres d’ouvrage s’endurcissent et les compétences brutes ne suffisent plus pour demeurer dans la course. Immédiateté, modernité, numérisation, personnalisation et dématérialisation, autant de services qu’il est essentiel de fournir en tant qu’artisan pour rester compétitif. 

D’autre part, il en va de sa propre productivité ainsi que de sa sûreté. De nombreux outils digitaux permettent aujourd’hui d’accélérer la gestion administrative, simplifier le pilotage de chantier, et même renforcer la sécurité sur le terrain. Facilement accessibles et abordables, ces outils se destinent majoritairement aux indépendants, TPE et PME. Ils ambitionnent ainsi de réduire les fossés entre les petits artisans d’un côté et les géants de l’industrie de l’autre. 

Les outils numériques au centre de la transition digitale du BTP

En tête de la révolution numérique du bâtiment, on trouve donc l’émergence de nouveaux outils digitaux et collaboratifs. Ce dernier point, la collaboration, est d’ailleurs particulièrement mis en avant par ces dispositifs intelligents. En effet, l’importance de la synergie entre les différents acteurs d’un projet de construction est au coeur de toutes les stratégies B2C et B2B. 

Le BIM, concept clé de la transition digitale du BTP

Le BIM, acronyme pour Billing Information Modeling ou “Modélisation des Informations du Bâtiment”, occupe une place centrale au sein de la transition digitale du BTP. 

Le concept du BIM ? Imaginer et concevoir la maquette numérique 3D d’un ouvrage et en faire un lieu d’interaction entre les intervenants d’un chantier. 

Ce processus de modélisation s’articule autour d’une méthode de travail plus collaborative, axée sur la centralisation et le partage des données d’un projet. Architecte, bureau d’étude, ingénieur, entreprise du bâtiment, maître d’ouvrage, chaque acteur peut compléter, modifier et apporter sa pierre à l’édifice tout au long de l’avancement de l’ouvrage. Grâce à l’analyse de prototypes virtuels, il permet d’autre part une étude rigoureuse de la durabilité d’un projet de construction en amont des travaux. 

La démarche du BIM s’intègre dès la naissance d’un ouvrage jusqu’à sa fin. Il a ainsi été pensé pour accompagner la transformation d’un bâtiment durant toute sa durée de vie. Ses avantages sont nombreux : 

  • une productivité décuplée ;
  • une meilleure anticipation de la viabilité ;
  • un suivi plus rigoureux ;
  • moins d’erreurs passées inaperçues ;
  • une meilleure communication.

Même si des doutes subsistent, notamment autour des questions de cybersécurité, le BIM s’impose comme une composante clé de la transformation numérique.

Aujourd’hui adopté par de nombreux acteurs du BTP (plus de 50 % en 2018), ce processus vise à conquérir l’intégralité de la filière. À travers son Plan BIM 2022, l’Etat démontre par ailleurs sa volonté d’encourager l’intégration du BIM dans les stratégies digitales des entreprises. 

La dématérialisation et l’automatisation de la gestion administrative

En parallèle, des plateformes digitales spécialisées dans le bâtiment se développent. Ces solutions SaaS à l’interface moderne ont révolutionné l’approche à la fois bureaucratique et opérationnelle du métier d’artisan. Accessibles en ligne depuis n’importe quel support numérique, elles ont la particularité de permettre une mobilité totale. 

Leur but ? Accroître la productivité des artisans en dehors des chantiers en accélérant une grande partie des démarches administratives. L’idée est d’optimiser le temps et de déléguer au maximum les tâches grâce à des fonctionnalités innovantes et des processus automatisés. 

Avec un logiciel de facturation en ligne tel qu’Obat, la charge quotidienne des petites et moyennes entreprises s’allège ainsi considérablement.

Émission de devis et de facture, opération de suivi commercial, bibliothèques d’ouvrages, calculs des taux de TVA et de déboursé sec, déduction des acomptes et des situations de travaux, accès comptable… le logiciel en ligne agit à la manière d’un véritable assistant. 

Parmi les avantages principaux de ces plateformes numériques, citons le risque d’erreurs très amoindri , le gain de temps colossal et la diminution de la charge mentale liée à la gestion administrative.

Interactivité et travail collaboratif : la mission des plateformes de suivi de chantier

La culture d’entreprise et le management tendent également à changer dans le bâtiment, grâce à des nouveaux modèles interactifs comme Finalcad ou encore BulldozAIR. Ceux-ci se concentrent sur la mise en place de nouvelles méthodes de travail afin de faciliter le pilotage et le suivi de chantier. 

S’appuyant sur le principe du BIM, ces logiciels en ligne souhaitent maximiser les échanges au sein de l’équipe toute entière. Du bureau au terrain, elles permettent une bonne coordination entre les collaborateurs, à travers le partage de données, de rapports et de photos. Tous ces documents se téléchargent via un tableau de bord intuitif et s’enregistrent automatiquement afin que chacun puisse en garder une trace.

En mettant la communication au centre du travail, ces outils espèrent offrir une vision plus globale du projet. Et, par extension, garantir une résolution rapide des problèmes et l’optimisation des performances des équipiers.

Les plateformes B2C de mise en relation   

Enfin, on peut aussi parler des plateformes de travaux telles que hemea ou travaux.com, se positionnant sur le marché du business-to-customer. Celles-ci se placent comme des points de contact intermédiaires entre les particuliers et les professionnels du bâtiment. La recrudescence de ces dernières montre indéniablement des besoins nouveaux, autant du côté pro que client. 

En effet, à cause de l’image négative qui colle au secteur, le particulier a besoin d’être rassuré sur son choix. Il veut pouvoir comparer les prix, lire des avis et recevoir des devis rapidement. Le tout, via un tiers de confiance qui s’occupe de filtrer et référencer les artisans en amont.

Zone géographique, domaine d’activité, mais aussi système de graduation et commentaires de fin de mission, les procédés de classification varient. En bonus, la promesse d’une assistance en cas de litige et de sécurisation des transactions financières.

L’avantage pour les professionnels réside plutôt dans la visibilité qu’apportent ces plateformes. Et, avec elle, la possibilité de signer davantage de contrats. C’est aussi un moyen moins contraignant de digitaliser leurs services et donc d’agrandir son portefeuille client. La contrepartie négative se trouve dans des tarifs souvent tirés vers le bas, résultats d’une compétition exacerbée entre les professionnels. 

Logiciels en ligne, plateformes, applications, quel est le point en commun entre tous ces nouveaux dispositifs digitaux ? Ils s’articulent en réalité sur trois finalités principales : le travail en équipe, l’expérience utilisateur et l’instantanéité de l’information. 

À terme, certains visent même la création d’un véritable éco-système digital, rassemblant une gamme de services très variés et entièrement adaptés aux professions du bâtiment.

L’amélioration des conditions de travail grâce à la transition numérique 

Il va de soit que la transition digitale du BTP s’observe également sur le plan opérationnel. Elle touche le cœur même du métier d’artisan : les chantiers. Dans un secteur connu pour avoir l’un des taux les plus élevés d’accidents de travail, le digital s’efforce de proposer des solutions aux enjeux de sûreté dans l’exécution des travaux.

Meilleures conditions de travail, prévention des risques d’accident, productivité décuplée, l’impact des avancées technologiques de la construction se constate de jour en jour. Bienvenue dans un secteur BTP connecté, où l’utilisation de drone, robotique et de réalité virtuelle et assistée devient le quotidien. 

Vers un secteur BTP plus sûr, sans accident de travail

L’objectif idéal à atteindre ? Prévenir entièrement les risques d’accident grâce aux objets connectés.

La géocalisation des données fait notamment partie de ces avancées majeures. Grâce au partage d’informations sur une position donnée, il devient possible de déterminer une zone à risque et l’éventuel positionnement d’un ouvrier blessé sur un chantier.

Grâce à des inventions comme les semelles connectées, par exemple, le confort et la sécurité des ouvriers se sont considérablement améliorés. Ces dernières sont capables de détecter une chute et d’émettre une alerte géolocalisée pour envoyer des secours.

La réalité virtuelle, en particulier lorsqu’elle est utilisée dans le cadre de formations professionnelles, favorise ce climat plus serein. Elle permet de simuler des situations réelles sur le terrain, sans mettre en danger qui que ce soit.

Des dispositifs au service du bien-être des artisans

Les fabricants s’intéressent également aux problématiques de pénibilité physique au travail. Grâce à la conception de machines et d’engins intelligents, l’innovation soulage et améliore la santé des travailleurs.

Pour en revenir à l’exemple précédent, les semelles connectées s’adaptent à la morphologie de leur porteur et surveillent ses faits et gestes.

L’usage d’exosquelettes se démocratise aussi progressivement sur les chantiers. Cette technologie permet ainsi d’assister les ouvriers sur des tâches lourdes et délicates et ainsi prévenir les troubles musculo-squelettiques (TMS). Cette maladie touchant les articulations, notamment au niveau des membres supérieurs, est particulièrement alarmante parmi les professionnels du BTP.

Le constat est donc clair : la transition digitale du BTP est aujourd’hui indispensable à l’avenir du secteur. Pour toutes les raisons évoquées au-dessus, il est bon d’appréhender ces changements comme des opportunités favorables à tous. Maîtres d’ouvrages, ouvriers, travailleurs, salariés, indépendants ou chefs d’entreprise, tout le monde gagne à évoluer sur un marché plus efficace, plus rentable et plus sécurisé !

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