Le courtier en travaux : rôle et salaire

Le 23 novembre 2020 - Les métiers

Qu’il s’agisse de trouver des chantiers ou le bon artisan pour effectuer des travaux de construction, d’aménagement ou de rénovation. C’est pour cela qu’il existe le courtage, activité encore peu connue. Véritable intermédiaire entre l’entreprise de BTP et le maître d’ouvrage, le courtier en travaux professionnel a un rôle primordial. C’est l’interlocuteur unique qui va permettre la mise en relation entre un prestataire de services dans le bâtiment et un particulier.

Alors, quelles sont ses missions ? Comment devenir courtier en travaux ? Quel est son salaire ? ? On vous dit tout ce qu’il faut savoir sur ce métier en plein essor.  

Le métier de courtier en travaux

Le rôle du courtier en travaux 

Le courtier en travaux va mettre en relation deux intervenants : un client et une entreprise en bâtiment. Il peut d’ailleurs être sollicité par ces deux acteurs.

D’un côté, un particulier ou une entreprise pourra faire appel à un courtier en travaux pour que ce dernier recherche à sa place des prestataires BTP de qualité, rigoureusement sélectionnés. Le courtier prendra alors le rôle de maître d’œuvre en facilitant et en coordonnant la réalisation des travaux faisant intervenir plusieurs corps de métiers.

Passer par un conseiller en travaux peut faire gagner du temps et parfois même de l’argent. Ce professionnel peut intervenir pour des projets de construction ou encore des travaux de rénovation intérieurs ou extérieurs.

De l’autre côté, une entreprise de BTP pourra elle aussi recourir aux services d’un courtier pour renouveler son portefeuille client. En effet, le courtier peut chercher des clients ayant pour projet de réaliser des travaux, afin de faciliter le travail des entreprises avec lesquelles il a un accord financier lorsqu’il rapporte un marché. 

Les missions du courtier en travaux

Le courtier en travaux va donc avoir plusieurs missions qui dépendront de la personne pour laquelle il travaille, comme évoqué ci-dessus.

➜ S’il travaille pour un client (particulier ou professionnel), le courtier doit : 

  • identifier les tâches qui nécessitent l’intervention d’un artisan ; 
  • établir un cahier des charges ; 
  • trouver l’artisan adéquat parmi son réseau et vérifier son sérieux ; 
  • obtenir des devis et les présenter au client ; 
  • obtenir et négocier les meilleurs prix ; 
  • conseiller sur les normes actuelles ; 
  • aider à monter un dossier de financement pour décrocher des aides financières ; 
  • superviser les travaux, effectuer des réunions et le suivi de chantier ;
  • préparer la visite de fin de chantier et de fin des travaux ; 
  • assister le client dans la signature des documents de livraison.

➜ Si le courtier travaille pour une entreprise de BTP, ses missions sont différentes et consistent à : 

  • rechercher des prospects ;
  • trouver des chantiers ; 
  • faire gagner du temps ; 
  • mettre en relation un prospect et une entreprise. 

A lire : les apporteurs d’affaires BTP : commissions et fonctionnement

Qualités et compétences requises

Pour exercer son métier comme il se doit, un bon courtier doit posséder certaines qualités indispensables :

  • rester objectif, impartial et équitable ; 
  • être force de proposition ; 
  • posséder des aptitudes commerciales importantes et solides ; 
  • avoir de bonnes connaissances juridiques et financières, afin d’aider les clients dans le montage de certains dossiers ; 
  • posséder une bonne connaissance du secteur du BTP ; 
  • avoir un bon sens du relationnel et rester disponible. Les clients le sont souvent en soirée ou le week-end ;
  • avoir de bonnes qualités d’écoute ; 
  • être clair et transparent. 

Comment devenir courtier en travaux ?

La formation 

L’activité de courtage en travaux est une activité professionnelle régie par une loi gouvernementale. Pour devenir courtier en travaux du bâtiment, il n’existe pas de formation officielle et aucun diplôme particulier n’est obligatoire pour pouvoir s’installer en tant que tel.

De solides connaissances en bâtiment sont cependant nécessaires. C’est pourquoi de nombreux courtiers en travaux sont issus d’un corps de métier du BTP. Il doit en effet être capable de comprendre les besoins des clients et y apporter des solutions adaptées. 

L’idéal est donc de suivre une formation en métiers de courtage, puis de se spécialiser dans le courtage en travaux grâce aux différentes formations présentes en ligne. L’obtention d’un BTS technico-commercial est également appréciée. 

Deux organismes proposent des formations courtes :

  • La FFCT (Fédération Française du Courtage en Travaux) dispense une formation initiale pour les courtiers indépendants. Elle couvre les bases du métier et permet de réaliser différentes études de cas.
  • Le GNCTI (Groupement National des Courtiers en Travaux Indépendants) propose également des sessions de formation ainsi que des formations complémentaires. 

Il sera ensuite possible de s‘installer à son compte, en exerçant le métier en indépendant. Un bon réseau d’artisans est alors requis. Vous pourrez également rejoindre un groupement de franchisés, afin de bénéficier des outils et de l’aide nécessaire pour exercer le métier. Notez également que la majorité des franchiseurs en courtage en travaux de bâtiment prennent en charge la formation de leurs franchisés. 

Courtier indépendant ou courtier franchisé ? 

Vous pourrez décider de vous installer en tant qu’indépendant ou en tant que courtier franchisé.

Il faut savoir qu’en franchise, il vous faudra disposer d’un investissement financier d’environ 20 000 euros et le chiffre d’affaires réalisable au bout de deux ans d’activité est estimé à 100 000 euros.

Il existe de nombreuses entreprises de courtage en travaux comme Illico travaux, Activ Travaux, la Maison des Travaux, etc. Opter pour la franchise permet au courtier d’être assisté et d’apporter à sa clientèle des services normés et rassurants

Adhésion à la FFCT

En tant que courtier, vous avez donc la possibilité d’adhérer à la Fédération Française du Courtage en Travaux.

Cette adhésion vous permettra de rejoindre d’autres professionnels, mais aussi de pouvoir accéder à des formations et à des réunions d’information. Le but de cette fédération est également de faire reconnaître la profession et ses adhérents.

C’est donc un excellent moyen pour augmenter sa visibilité et élargir son réseau. La FFCT propose également à ses membres un tarif préférentiel quant à l’adhésion aux assurances professionnelles. Une option à ne pas négliger si vous souhaitez vous lancer et créer votre société de courtage en travaux

L’assurance

Comme tout indépendant qui s’installe à son compte, il est obligatoire de souscrire à des assurances professionnelles, à savoir une Responsabilité Civile Professionnelle et Exploitation. Comme évoqué ci-dessus, le fait d’adhérer à la FFCT vous permettra d’obtenir des tarifs préférentiels sur cette assurance. 

Pour exercer le métier de courtier en travaux, il faut savoir également qu’il existe deux documents contractuels indispensables : 

  • un contrat de courtage en double exemplaires qui devra être paraphé par le courtier et par les prestataires ; 
  • une fiche client qui stipule le périmètre d’intervention du courtier et qui doit être signée par ce dernier et les clients particuliers. 

Quel salaire pour un courtier en travaux ?

Concernant les honoraires, le courtier qui travaille pour son propre compte peut être rémunéré par le client, mais aussi par les entreprises qu’il aura sollicitées pour effectuer les travaux. 

Si un courtier en travaux auto entrepreneur se charge uniquement de la prospection et de la négociation des devis, son service sera alors gratuit pour le client. S’il procède à des missions d’assistance technique comme l’aide au montage d’un dossier de financement, alors il facture généralement moins de 3 % du coût global des travaux

En effet, il est important de savoir que le courtier en travaux perçoit une rémunération en pourcentage sur les devis signés entre les professionnels du BTP et les clients. Il prélève environ 7 à 10 % du montant des travaux à chaque entreprise intervenant dans le projet. Le plus souvent, les artisans ajustent leur tarif au service de courtage afin de prendre en compte la commission du courtier.

Le courtier en travaux indépendant peut ainsi espérer dégager un chiffre d’affaires annuel d’environ 50 000 euros brut. 


Activité plutôt récente en France, le métier de courtier en travaux est aujourd’hui en plein essor. Véritable intermédiaire entre l’artisan et le client, il offre des avantages non négligeables pour les différents intervenants. Avec plus de 600 courtiers en France, dont 250 franchisés, le métier de courtier en travaux a un bel avenir devant lui !