Les matériaux biosourcés dans le bâtiment | Définition

Le 2 avril 2021 - Matériel et équipements de chantier

Au cœur des enjeux de développement durable, la construction écologique utilise des matériaux biosourcés pour créer des bâtiments respectueux de l’environnement. Le secteur du BTP doit donc s’adapter et se familiariser avec l’utilisation de ces écomatériaux comme le bois, le liège ou encore la ouate de cellulose.

Dans cet article, on vous explique ce qu’est un matériau biosourcé, ses avantages et le cadre réglementaire auquel il répond, avec en prime la liste des différents écomatériaux et leur coût !

Définition d’un matériau biosourcé

Voici la définition des matériaux biosourcés : c’est un matériau issu du vivant animal (comme la laine de mouton) ou végétal (comme le bois ou le liège). Il est donc constitué de biomasse et sera utilisé comme matière première dans les produits de construction et de décoration du bâtiment.

Les biomatériaux peuvent s’utiliser comme isolants, pour composer les mortiers, le béton ou encore les panneaux, mais également pour la chimie du BTP. La croissance et la mise en avant de ces matériaux s’inscrit dans une envie de naturel des Français, loin des bâtiments ultra-urbanisés souvent synonymes de pollution lumineuse, sonore et aérienne.

Pourquoi utiliser des écomatériaux ?

Les avantages des matériaux biosourcés

La bioconstruction et les matériaux biosourcés présentent de nombreux avantages, dont voici une liste non exhaustive :

  • Matériaux renouvelables et écologiques : ce sont des matériaux qui ont un impact positif sur l’environnement, car ils stockent le carbone présent dans l’air. Ils participent activement à la diminution des gaz à effet de serre et subissent moins de traitements chimiques. En plus d’être généralement vendus en circuits cours et locaux, les biomatériaux sont moins polluants pour la planète.
  • Demande en hausse des consommateurs : il y a une vraie demande de la part des foyers concernant les matériaux biosourcés. Lors de la construction d’une maison, c’est donc un avantage compétitif de proposer des constructions respectueuses de la santé des habitants, mais aussi de l’environnement. On enregistre une croissance de la demande de près de 10 % en 4 ans !
  • Régulateurs thermiques et hygrométriques : un matériau biosourcé jouera naturellement le rôle de régulateur de température et d’humidité. L’isolation offerte est meilleure, de même que la ventilation. Le confort du logement est donc supérieur, avec des économies d’énergie à la clé en été comme en hiver.
  • Simplicité des techniques : contrairement à ce que beaucoup peuvent penser, l’utilisation de matériaux biosourcés n’impacte pas la manière de travailler sur les chantiers de construction, à de rares exceptions près. Les techniques utilisées par les artisans sont les mêmes dans la plupart des cas.
  • Certification avantageuse : les certifications comme Acermi ou NaturePlus permettent d’obtenir un bonus de constructibilité pour un chantier neuf ou une extension, avec un dépassement des règles de constructibilité de 30 % accordé. Il faut se renseigner auprès de la mairie et mentionner ce bonus dans le Plan Local d’Urbanisme.

Le label Bâtiment biosourcés

Ce label pour matériaux biosourcés a vu le jour en 2012 sous le nom de “Bâtiment biosourcé”. C’est le maître d’ouvrage qui doit effectuer la demande de label auprès d’un organisme conventionné par l’État.

Le label indique le taux de matériaux biosourcés (en kilogrammes) par mètre carré de surface de plancher et se divise en 3 niveaux. Le premier niveau inclut l’utilisation de deux écomatériaux de construction ayant des fonctions différentes (ils peuvent être issus ou non de la même famille).

Pour obtenir le second et le troisième niveau, il est nécessaire d’utiliser plusieurs matériaux biosourcés provenant de familles différentes de produits. L’organisme en charge de l’évaluation du bâtiment prendra en compte des matériaux et la performance énergétique globale.

La certification est attribuée à la fin du chantier et peut être remise en cause en cas de travaux incluant des changements de matériaux. Les critères d’obtention du label Bâtiment biosourcés doivent être constamment respectés.

matériaux biosourcés définition

La réglementation autour des matériaux biosourcés

L’assurance décennale

L’assurance décennale est obligatoire et le maître d’ouvrage doit être vigilant quant à la technique utilisée. L’obtention de l’assurance en elle-même ne pose pas de difficultés, mais la mise en œuvre des matériaux biosourcés et les procédés utilisés doivent impérativement entrer dans la clause de “technique courante” du contrat d’assurance décennale.

Dans le moindre doute, il est conseillé de contacter son assureur et demander une confirmation écrite pour être couvert lors d’un chantier. En effet, si les techniques utilisées entrent dans la clause “technique non courante”, il faut souscrire à une extension d’assurance et donc régler une surprime.

Mais généralement, seuls les matériaux exotiques ou les méthodes de construction marginales ne rentrent pas dans la clause courante.

À lire : L’assurance décennale pour les artisans du bâtiment et Top 4 des assurances décennales pour auto-entrepreneur

Le traitement chimique

Les matériaux biosourcés dans la construction ne sont pas toujours 100 % naturels, et leur composition peut parfois intégrer des additifs chimiques.

En effet, il faut parfois les traiter pour assurer une bonne réaction et résistance face au feu, aux moisissures ou encore aux insectes. Par exemple, il est nécessaire de traiter le bois pour qu’il ne se fasse pas attaquer par des champignons ou des insectes, comme c’est le cas dans la nature !

Les risques d’incendie

Pour garantir leur résistance au feu, les matériaux biosourcés doivent répondre à une réglementation en termes de risque incendie. S’ils ne respectent pas ces critères, ils doivent obligatoirement subir un traitement chimique ou bien intégrer un écran coupe-feu de protection.

Sans traitement, le béton de chanvre offre une bonne réaction naturelle. Par contre, les matières premières comme la laine, la paille ou le liège ont souvent besoin d’un traitement spécifique pour être utilisées comme isolant biosourcé.

Liste des différents matériaux biosourcés

Voici la liste des matériaux biosourcés principalement utilisés sur les chantiers de BTP

  • Le bois : idéal pour la mise en œuvre d’une structure, il offre d’excellentes performances thermiques et acoustiques. Renouvelable et confortable en été, il peut être utilisé pour le plancher, en isolation ou encore pour les combles.
  • Le liège : réalisé à partir de chêne-liège ou de bouchons recyclés, ce matériau biodégradable est sans additif et imputrescible. Avec une bonne réaction au feu, il propose de bonnes performances thermiques et acoustiques, comme le bois. C’est l’un des seuls matériaux biosourcés qui peut servir à l’isolation des planchers.
  • La paille : très économique, cet écomatériau ne nécessite aucun traitement et s’installe facilement. La paille est idéale pour revêtement de façade et une isolation thermique intérieure ou extérieure.
  • Le lin ou la laine de mouton : ces matériaux biosourcés sont généralement transformés en panneaux d’isolation semi-rigide.
  • Le chanvre : cette plante régule l’humidité, avec une bonne réponse face au feu. Avec de bonnes performances thermiques et acoustiques, le chanvre est parfait pour l’isolation des combles, des murs ou des rampants de toiture. On peut également le transformer en béton de chanvre pour créer des murs porteurs.
  • Le papier ou le carton à base de bois : recyclables, ces matériaux sont économiques et parfaits pour isoler des combles.
  • La ouate de cellulose : issue des journaux recyclés, sa production nécessite peu d’énergie pour d’excellentes performances d’isolation. Elle doit subir un traitement chimique pour résister aux incendies, et s’utilise principalement sous forme de plaques pour les combles perdus, les murs ou les planchers.
  • Le textile recyclé : les vêtements sont défibrés, mélangés et thermoliés. Sans poussière, cet écomatériau sert à l’isolation des murs, des combles perdus et des rampants de toiture.

Le coût des matériaux biosourcés

Les matériaux biosourcés sont souvent plus chers que les matières premières traditionnelles. L’écomatériau le moins cher est la ouate de cellulose, qui se révèle plutôt économique, contrairement au liège qui est l’un des plus chers.

En effet, ce sont des matériaux plus rares et plus demandés, ce qui entraîne souvent des hausses de prix. Cependant, en 2020, le gouvernement a mis en place de nouvelles réglementations environnementales. Celles-ci visent à faciliter l’accès des constructeurs et des ménages à des matériaux biosourcés et donc faire baisser les prix.

Toutefois, la qualité des matériaux et leurs avantages pour l’environnement sont souvent des arguments ayant plus de poids que leur simple coût !


Les matériaux biosourcés s’inscrivent donc dans une logique de bien-être environnemental et de protection de la planète. Aussi faciles à mettre en œuvre dans des constructions que des matériaux classiques, ils offrent des performances thermiques et acoustiques quasi égales pour un environnement plus sain. Issus de matières vivantes comme le bois, la laine ou le chanvre, ces écomatériaux sont biodégradables. Ils aident à limiter les émissions de gaz à effet de serre et l’utilisation des énergies fossiles pour des chantiers plus durables et respectueux.