C’est un fait : en France, 2 entreprises sur 5 ont déjà dû renoncer à un chantier à cause d’un manque de trésorerie. En effet, plus de 50 % d’entre elles ne reçoivent pas le règlement de leurs factures avant 2 mois. L’affacturage dans le BTP se présente donc comme une solution de financement immédiate pour les entreprises du bâtiment et la cession de leurs créances clients. Qu’est-ce que l’affacturage ? Quels sont les avantages ? Comment cela fonctionne-t-il ? Découvrez tout ce que vous avez besoin de savoir sur l’affacturage et son utilisation dans le BTP !
Face à des délais de paiement souvent longs (45 à 60 jours, voire plus) et au risque d’impayés, l’affacturage permet d’encaisser vos factures sous 24 à 48h, sans attendre le règlement de vos clients.
Situations de travaux, retenue de garantie, sous-traitance : l’affacturage tient compte des particularités du BTP, que vos factures correspondent à un pourcentage d’avancement ou à un montant fixe.
Taille, ancienneté, corps de métier : la quasi-totalité des acteurs du BTP sont éligibles à l’affacturage, une solution intéressante pour ne pas dépendre du découvert bancaire.
L’affacturage dans le BTP, qu’est-ce que c’est ?
Définition de l’affacturage
L’affacturage, ou factoring, est une technique qui consiste à externaliser la gestion de vos financements et du recouvrement de vos créances via une entreprise tiers spécialisée.
Cette dernière est une société d’affacturage (aussi appelée affactureur), qui récupère alors vos factures et vous avance la trésorerie à court terme. En d’autres mots, vous cédez vos créances contre un encaissement immédiat de liquidités.
Un processus de facturation entre 3 acteurs
Les 3 acteurs impliqués dans le processus d’affacturage sont :
- votre entreprise : livraison et facturation à votre client, et transfert dématérialisé de vos créances à l’affactureur ;
- votre client : commande à votre entreprise, et règlement à échéance de la facture à l’affactureur ;
- l’affactureur : financement de votre entreprise sous 8 à 24h, et recouvrement des créances cédées auprès du client.
Affacturage et escompte bancaire : quelle différence ?
- L’escompte bancaire concerne uniquement les créances matérialisées par un effet de commerce (lettre de change, billet à ordre). Votre banque vous avance les fonds correspondants, puis se charge de l’encaissement à l’échéance auprès de votre client.
- L’affacturage s’applique à toutes vos factures clients. L’affactureur ne se contente pas de financer vos créances, il en assure aussi le suivi, la relance et le recouvrement (il peut également vous garantir contre les impayés).
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Quels sont les critères d’éligibilité à l’affacturage BTP ?
Le type de factures
Une facture de solde classique est à priori éligible à l’affacturage. Quant aux factures intermédiaires, qu’on appelle dans le BTP situations de chantier, tout dépend de la manière dont elles sont établies :
- Si les situations correspondent à un montant fixe ou à un lot précis (par exemple, la pose d’une charpente pour un montant déterminé) : les factures sont finançables plus facilement, peu importe la taille ou l’ancienneté de l’entreprise. Une quantité ou une valeur fixe est en effet plus simple à justifier, à valider et à faire signer par le client débiteur.
- Si les situations correspondent à un pourcentage d’avancement du chantier : ces factures sont éligibles sous certaines conditions (volume de chiffre d’affaires suffisant, historique comptable solide, bonne notation à la Banque de France…) et on vérifie que le pourcentage facturé corresponde bien à un avancement vérifiable des travaux.
Les critères généraux d’éligibilité
Mais au-delà du type de facturation, il y a d’autres critères très importants dans l’analyse de votre dossier par la société d’affacturage :
- La solidité de vos clients débiteurs : l’affactureur s’intéresse davantage à la solvabilité de vos clients qu’à votre propre situation financière puisque ce sont eux qui rembourseront la créance.
- La diversité de votre portefeuille clients : un poste clients trop concentré sur un seul donneur d’ordre peut être perçu comme un risque.
- La nature des travaux facturés : les factures doivent correspondre à des prestations réellement effectuées et validées (bons de commande, PV de réception, attestations d’avancement…).
- Votre ancienneté et votre historique comptable : même si ce critère n’est pas rédhibitoire, une bonne comptabilité et des bilans réguliers faciliteront l’acceptation de votre dossier.
Les tailles d’entreprises concernées
Il faut savoir que peu importe leur taille, leur ancienneté ou la solidité de leur bilan, la majorité des entreprises du BTP sont éligibles à l’affacturage : micro-entrepreneurs et artisans indépendants, TPE et PME du bâtiment ou encore les entreprises générales et groupements d’entreprises pour des chantiers de plus grande envergure.
Même les grandes entreprises du BTP utilisent l’affacturage pour optimiser leur gestion de trésorerie à grande échelle !
Les secteurs d’activités du BTP concernés
Et pour finir, l’affacturage s’adresse à la quasi-totalité des corps de métier du bâtiment, peu importe le type d’intervention :
- gros œuvre (maçonnerie, terrassement, fondations…) ;
- second œuvre (plomberie, électricité, chauffage, isolation…) ;
- pose de matériel (menuiserie, serrurerie, vitrerie…) ;
- réalisation d’ouvrages spécifiques (charpente, couverture, étanchéité…) ;
- aménagement d’intérieur (plâtrerie, peinture, revêtements de sols…) ;
- aménagement d’extérieur (paysagisme, VRD, clôtures…) ;
- rénovation énergétique et rénovation générale ;
- finitions (carrelage, parquet, décoration…)
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Les avantages de l’affacturage pour les professionnels du bâtiment
Encaisser les factures avant les échéances légales
Dans le BTP, les délais de paiement atteignent fréquemment 45 à 60 jours, voire davantage lorsque plusieurs intermédiaires interviennent sur un même chantier (maître d’ouvrage, maître d’œuvre, entreprise générale, sous-traitants…).
À cela s’ajoute un risque bien connu du secteur : les impayés ou retards de paiement, qui peuvent rapidement mettre à mal la trésorerie d’une entreprise, surtout lorsque plusieurs chantiers sont menés simultanément.
Les entreprises doivent avancer de leur poche le coût des matériaux, de la main-d’œuvre et des sous-traitants alors même qu’elles ne seront payées que plusieurs semaines (voire mois) plus tard. Ce décalage peut, dans les cas les plus critiques, mettre en péril la pérennité de l’entreprise.
Vous l’aurez donc compris, le principal avantage de l’affacturage dans le BTP est d’obtenir directement des liquidités à disposition, sans attendre le bon vouloir de paiement de vos clients.Vos besoins de trésorerie sont directement financés par la cession de créances, correspondant au montant des factures.
Profiter de services complémentaires de gestion et assurances
En plus du suivi et du recouvrement des factures, la société d’affacturage propose des options pour sécuriser encore davantage vos transactions. Par exemple, l’assurance-crédit vous couvre contre les impayés et l’affactureur prend en charge l’administratif en cas de contentieux.
De plus, pour les relances de factures et le recouvrement de créances, il peut être compliqué pour une entreprise de savoir à quels interlocuteurs s’adresser. Ici encore, l’affactureur prend en charge cette partie et optimise les délais de vos paiements.
Quitter la spirale des découverts bancaires
Actuellement, l’affacturage n’est que le second moyen de financement des entreprises du bâtiment. En effet, les entreprises qui n’utilisent pas de système d’affacturage se reposent donc généralement sur leur découvert bancaire pour jongler entre leurs rentrées et leurs sorties d’argent.
Pourtant, cette technique a deux inconvénients : un coût élevé et une limitation du montant disponible. Et votre compte courant n’offre pas les mêmes possibilités de financement qu’un organisme financier. À l’inverse, l’affacturage dans le BTP n’a pas de limites et évolue proportionnellement à votre activité. Les capacités de financement qui vous sont accordées augmentent en même temps que vos factures, au fur et à mesure.
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Comment fonctionne l’affacturage dans le BTP ?
4 étapes de l’affacturage
1. L’étude de votre dossier par le factor
Avant toute chose, la société d’affacturage va analyser votre entreprise et votre poste clients : qui sont vos clients, combien sont-ils, quel est le montant de vos encours de factures ? Il peut ainsi évaluer les risques avant de vous accepter comme adhérent.
2. La signature du contrat d’affacturage
L’étude est concluante ? Dans ce cas, un contrat est signé entre votre entreprise et l’affactureur. Il précise notamment :
- les modalités de cession de vos créances (généralement la totalité, avec parfois des exceptions possibles) ;
- le mode de rémunération du factor ;
- les garanties de bonne fin ;
- l’accès du factor à votre comptabilité ;
- le montant du fonds de garantie ;
- d’éventuelles garanties personnelles demandées au dirigeant.
3. La remise des factures
Une fois le contrat signé, vous transmettez vos factures à l’affactureur grâce à un bordereau, au fur et à mesure de leur émission. Chaque facture doit mentionner les délais de paiement accordés à votre client.
4. Le financement et le recouvrement
Enfin, la société d’affacturage vous verse alors le montant convenu (déduction faite de ses frais et d’une éventuelle retenue de garantie). Il se charge ensuite de recouvrer la créance directement auprès de votre client à l’échéance.
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Les cas particuliers de l’affacturage dans le BTP
Le cas des situations de travaux
À noter que contrairement à d’autres secteurs, le BTP fonctionne souvent avec des situations de travaux plutôt qu’avec une facturation classique (c’est-à-dire en une seule fois, à la livraison de la prestation). Ici, des factures sont donc émises au fur et à mesure de l’avancement du chantier, par exemple 30 % à la signature, 40 % à mi-chantier et 30 % à la livraison.
C’est une spécificité qui exige de s’assurer que chaque situation correspond bien à des travaux réellement effectués et validés par le client (souvent par un maître d’œuvre ou un maître d’ouvrage) : certains affactureurs demandent donc des pièces justificatives supplémentaires (procès-verbaux de réception, attestations d’avancement…) avant de financer ces créances intermédiaires.
Le cas de la retenue de garantie
Dans le bâtiment, il arrive que le client conserve une retenue de garantie (généralement de 5 % du montant du marché) pendant une durée d’un an après la réception des travaux. C’est une somme qui permet ensuite de couvrir d’éventuelles malfaçons ou réserves.
Et cette pratique impacte évidemment directement l’affacturage : la société ne finance généralement pas cette part retenue puisqu’elle n’est pas immédiatement exigible. Vous ne percevrez donc l’avance que sur le montant réellement facturable, hors retenue de garantie : cette dernière vous sera reversée par le client une fois la période de garantie écoulée et en l’absence de réserves.
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Les éléments d’un dossier d’affacturage
Le contrat d’affacturage bâtiment
Le contrat d’affacturage s’établit entre l’entreprise de BTP et la société d’affacturage. Il stipule que l’entreprise cède ses factures et ses créances à l’affactureur : on appelle cela la mobilisation de créances. Après la signature de ce contrat, vous devez donner les factures de vos clients à la société d’affacturage, au fil de leurs réceptions. Cette dernière vous règlera le montant indiqué, et s’occupera de recouvrer la créance à échéance.
Le coût du financement
Quels sont les coûts de ce service pour une entreprise ? Comment se rémunèrent les sociétés d’affacturage ? Cette dernière prend tout simplement des frais de dossiers, des commissions d’affacturage et de financement, et une participation à un fonds de garantie. Vous recevrez donc de l’affactureur le montant de votre facture déduit de ces commissions.
Le fonds de garantie
Le but d’un fonds de garantie est de se protéger contre les impayés ou les litiges, en fonction du risque évalué par l’affactureur. Il va alors alimenter ce fonds en prélevant une somme proportionnelle à l’ensemble de vos factures émises.
Grâce à ce fonds, l’affactureur pourra financer 100 % du montant de vos créances. Si vous ne renouvelez pas le contrat ou que celui-ci se trouve rompu, la somme restante sur le fonds de garantie vous sera restituée.
Le seuil de créances
Obtenir des justificatifs pour vos travaux n’est pas toujours aisé. C’est pourquoi les affactureurs ont mis en place un système de seuil de créances, en dessous duquel vous n’avez pas besoin de fournir de justificatifs avec vos factures.
Par contre, l’affactureur peut demander ces justificatifs en cas de besoin. Vérifiez donc bien qu’ils ont été récupérés auprès de vos clients et qu’ils peuvent être mis à sa disposition. Les seuils quant à eux varient en fonction des sociétés d’affacturage et peuvent être négociés entre 10 000 et 20 000 euros.
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Affacturage et facturation électronique : ce que la réforme change
Rappelons d’abord le contexte : en septembre 2026, toutes les entreprises assujetties à la TVA devront recevoir leurs factures sous format électronique par des plateformes agréées (PA). Et cette obligation sera étendue en septembre 2027 à l’envoi de ces mêmes documents. Chaque échange devra transiter par un circuit dématérialisé et sécurisé, avec transmission automatique des données à l’administration fiscale (e-reporting).
Il faut savoir que pour les entreprises du bâtiment qui ont recours à l’affacturage, cette réforme est plutôt une bonne nouvelle :
- Un processus de cession de créances plus simple : vos factures électroniques seront déjà structurées et normalisées, et donc plus facilement transmissibles à votre affactureur.
- Plus de fiabilité : la facturation électronique réduit les risques d’erreurs, de doublons ou de fraudes. Pour l’affactureur, ce sont des créances plus fiables à financer, et donc potentiellement des délais de traitement plus rapides pour vous.
- Une meilleure traçabilité : chaque facture étant horodatée et suivie par les plateformes agréées, le suivi des paiements et des relances est plus transparent.
- Une meilleure intégration avec vos outils : de nombreux logiciels de facturation utilisés dans le BTP intègrent déjà des connecteurs avec les plateformes d’affacturage, ce qui devrait accélérer encore davantage la dématérialisation de vos échanges commerciaux et cliens !
Si vous avez déjà (ou envisagez) un contrat d’affacturage, c’est donc le bon moment pour vérifier que votre logiciel de facturation est compatible avec les futures obligations. Pour ça, rapprochez-vous aussi de votre affactureur le plus tôt possible : vous prévenez ainsi toute interruption dans votre cycle de financement au moment du basculement définitif de la réforme !
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L’affacturage dans le BTP en résumé
L’affacturage est un excellent moyen de financement pour les entreprises du bâtiment. Cela permet de ne plus subir les délais de paiement très longs du BTP, de se protéger contre les défauts de paiement et d’obtenir des liquidités très rapidement en quittant la spirale du découvert bancaire.
Le processus d’affacturage est assez simple, et ne demande pas beaucoup d’interactions entre les 3 principaux acteurs : votre entreprise, l’affactureur et le client. Tous les secteurs d’activités du bâtiment sont concernés, et tous les types d’entreprises sont éligibles, peu importe leur taille ou leur santé financière.
Une fois le contrat, le coût, le fonds de garantie et le seuil de créances définis avec votre affactureur, vous aurez enfin l’esprit libre ! L’affacturage dans le BTP est une solution idéale de financement à court terme.
Questions fréquentes sur l’affacturage dans le bâtiment (FAQ)
Oui, tout à fait ! Les sous-traitants peuvent céder leurs factures à un affactureur, au même titre que les entreprises générales. Attention toutefois aux spécificités liées à la loi sur la sous-traitance et à l’action directe.
Il existe plusieurs acteurs spécialisés ou adaptés pour le BTP : BNP Paribas Factor, Société Générale Factoring, BPCE Factor, Cegid ou Finexkap.
C’est possible, mais c’est assez rare. Certains affactureurs proposent tout de même des solutions dédiées aux TPE et indépendants, avec un montant minimum de factures exigé et des conditions d’éligibilité qui varient selon les organismes.
Une fois votre facture transmise à l’affactureur, le financement intervient généralement sous 24 à 48h. Une fois le dossier client validé, certains contrats digitalisés permettent un versement en quelques heures.
Ce coût comprend une commission d’affacturage (0,5 à 3 % du montant facturé) et une commission de financement, proche des taux bancaires classiques. Mais le prix final dépend de votre volume d’activité, la qualité de vos clients et les garanties souhaitées.
Tout dépend du type de contrat : en affacturage « avec recours », vous devrez rembourser l’avance. En affacturage « sans recours », l’affactureur assume le risque d’impayé (à condition que le client ait été validé au préalable).