Actualités

Ce qui change dans le BTP en 2026 : réglementations, tendances et innovations

Le BTP entre dans 2026 avec son lot de changements : nouveaux minimas pour les salaires, hausse du coût des matériaux durables, nouvelles règles de prévention, crise du logement… À cela s’ajoute une transformation de fond avec le virage écologique et numérique qu’il ne faut pas rater ! Faisons le point sur tout ce qui change pour 2026.

Ce qui change en matière de prévention et de sécurité

En 2026, le BTP reste l’un des secteurs les plus exposés : plus de 88 000 accidents du travail sont recensés chaque année, dont près d’un tiers lié aux manutentions ! 

Le passeport de prévention

Le passeport de prévention continue d’évoluer :

  • À partir du 16 mars 2026 : les employeurs auront leur espace dédié pour déclarer les formations SST réalisées en interne. Ils pourront aussi consulter les formations suivies par leurs salariés et/ou déjà enregistrées par les organismes de formation.
  • Dès le 9 juillet 2026 : une nouvelle fonctionnalité vous donnera la possibilité d’importer vos données en masse. 
  • Fin 2026 : les salariés, travailleurs indépendants et demandeurs d’emploi auront eux aussi accès à leur espace passeport, notamment pour anticiper les échéances de renouvellement obligatoires.

De nouvelles règles pour la santé au travail

Depuis le 1er janvier 2026, il y a aussi eu deux grands changements concernant l’organisation de la santé au travail

  1. tous les SPSTI (Service de Prévention et de Santé au Travail Interentreprises) devront proposer une base minimale de prestations, rendre des comptes sur leurs actions et s’appuyer sur une équipe élargie, qui ne se limiterait pas au médecin du travail (infirmiers, ergonomes, psychologues du travail, toxicologues, etc.) ;
  2. certaines obligations réglementaires (transmission du DUERP, expositions aux risques, etc.) se feront désormais en ligne sur des téléservices administratifs.

Une meilleure reconnaissance des maladies professionnelles

À partir de 2026, la reconnaissance des maladies professionnelles se simplifie. Une évolution qu’il ne faut pas négliger pour le secteur du BTP puisque les TMS ou l’exposition à la poussière sont monnaie courante !

Les règles de diagnostic des maladies seront mises à jour pour mieux correspondre aux connaissances médicales actuelles. Pour les cas qui ne remplissent pas toutes les conditions des tableaux, les dossiers « simples » ne passeront plus systématiquement devant un comité régional : ils seront désormais traités par des médecins-conseils pour raccourcir les délais.

Plus de matériel éligible au Fipu

Depuis mars 2024, le Fonds d’investissement pour la prévention de l’usure professionnelle (Fipu) soutient les entreprises qui investissent dans des équipements limitant les risques ergonomiques, par exemple les postures pénibles ou les vibrations. 

Début décembre 2025, la Cnam a ainsi élargi la liste des matériels éligibles à ces subventions. On y trouve désormais : 

  • des outils portatifs anti-vibrations ;
  • des sièges à suspension ;
  • des équipements de démolition à commande à distance. 
Bon à savoir

Ces nouveautés complètent les aides déjà existantes (chariots électriques, plans de travail réglables, etc.). Les demandes de subvention se font sur Net-entreprises, à condition de respecter le cahier des charges technique de la Cnam.

A lire également : Visite médicale BTP : pour qui et à quelle fréquence ?

Les nouveaux minimas salariaux

Chaque début d’année, une revalorisation des salaires minimums est normalement prévue pour les cadres des Travaux publics (à travers un accord entre les partenaires sociaux). En principe, cette nouvelle grille s’applique au 1er janvier, soit dès lors qu’un accord est trouvé.

Mais en 2026, comme l’année précédente, les négociations nationales n’ont pas abouti ! Faute de consensus, ce sont donc la FNTP (Fédération nationale des travaux publics) et la CNATP (Confédération nationale de l’artisanat des travaux publics) qui ont fixé unilatéralement les nouveaux montants, par décision du 11 décembre 2025.

Cadres, ouvriers et employés/techniciens/agents de maîtrise (ETAM) : de nouvelles grilles sont d’ores et déjà entrées en vigueur au 1er janvier 2026. Vous pouvez trouver ici les grilles complètes par région.

L’évolution du coût des matériaux : à quoi s’attendre pour 2026 ?

Après deux années de flambée post-Covid, les prix des matériaux se sont globalement stabilisés en 2024. Cependant, ils restent à un niveau élevé par rapport à 2019 ! On observe également un véritable essor des matériaux écologiques et durables.

De matériaux dont le prix va continuer d’augmenter

En 2026, la tendance est toujours à la hausse modérée : 

  • la montée en puissance des normes environnementales (RE2020, réglementation européenne) pousse à l’utilisation de matériaux plus écologiques, qui sont souvent plus coûteux à produire (le béton bas carbone, le chanvre ou les isolants biosourcés) ;
  • les coûts de production et de transport resteront élevés jusqu’à 2030, surtout pour l’acier, le verre ou le plastique ;
  • des matières premières critiques pour l’électrification des bâtiments (comme le cuivre ou le bois) restent sous tension à cause de la demande mondiale et des nouvelles restrictions d’accès (par exemple pour l’accès des ressources forestières).
Bon à savoir

Voici les prévisions pour 2026 : Acier : +10 %Béton bas carbone : +15 %Isolants biosourcés : +20 % à +30 %Bois : prix en hausse, mais stables

Recyclage : les chantiers devront trier 7 flux de déchets

En parallèle, la loi AGEC (anti-gaspillage pour une économie circulaire) imposera le tri de 7 flux de déchets (contre 5 aujourd’hui). Il faudra donc répondre à des objectifs plus exigeants en termes de réemploi et de recyclage des matériaux issus de la démolition.

A lire également : La gestion des déchets de chantier dans le BTP : tout savoir

La loi de financement de la Sécurité sociale 2026

Nouveau congé de naissance

La principale nouveauté de la loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS) pour 2026 concerne la création d’un congé de naissance distinct du congé paternité, désormais obligatoire.

D’une durée de 7 jours calendaires, ce congé devra être pris immédiatement après la naissance de l’enfant et sera rémunéré par l’employeur (avant une éventuelle indemnisation via la Sécurité sociale). Ce congé s’applique à tous les salariés, quel que soit leur statut (ouvriers, ETAM ou cadres).

Contrôle des arrêts de travail

Autre mesure importante : le renforcement du contrôle des arrêts de travail. En effet, les caisses d’Assurance maladie déclencheront plus de vérifications, surtout sur les arrêts courts et répétés. 

Sur les charges patronales spécifiques au BTP, la LFSS 2026 ne prévoit pas d’allègement supplémentaire. Les exonérations existantes (notamment sur les bas salaires) sont maintenues, mais rien de nouveau pour soulager le coût du travail dans un contexte déjà tendu.

Une crise du marché du logement et de la construction ?

Lors de la présentation des tendances 2026 pour le bâtiment, le président de la Fédération française du bâtiment (FFB), Olivier Salleron, n’a pas mâché ses mots : la situation du logement reste alarmante. Le nombre de nouvelles constructions reste très insuffisant pour répondre aux besoins.

Un secteur du bâtiment toujours en difficulté

D’après les projections, moins de 300 000 logements devraient sortir de terre en 2026, un seuil jugé largement en dessous de ce qu’il faudrait pour résorber la crise. Pour la troisième année consécutive, l’activité du secteur continue de reculer. Et même si une légère progression est espérée (+1,8 % en volume), ce regain reste trop faible pour parler de véritable reprise.

Le logement individuel tire son épingle du jeu

Du côté du logement neuf, quelques signaux positifs émergent toutefois. La construction de maisons individuelles semble retrouver des couleurs : une progression de près de 11 % est attendue, portée par le prolongement du prêt à taux zéro et des conditions de crédit un peu plus stables (taux d’intérêt autour de 3,5 %). 

Au niveau du collectif, on prévoit une hausse de 7,5 % seulement. Même constat sur les permis de construire : +14 % pour l’individuel contre une chute de plus de 7 % pour le collectif. En revanche, l’activité d’entretien et de rénovation devrait quant à elle légèrement reculer, avec une baisse estimée à -0,5 %.

Bon à savoir

Pour les bâtiments non résidentiels neufs (bureaux, commerces, entrepôts), le volume global resterait stable, avec une petite hausse de 0,5 %.

La digitalisation du secteur s’accélère en 2026

La facturation électronique obligatoire dont nous avons tant parlé arrive en 2026 ! Même si le calendrier a été ajusté et que les petites entreprises ne seront concernées qu’en 2027 pour ce qui est de l’émission, tout le monde devra à présent être en mesure de recevoir les factures au format électronique.

Pour les artisans, les TPE et les PME du secteur, cela suppose donc de s’équiper de logiciels compatibles comme Obat et de former les équipes, souvent peu familières avec ces démarches. Rassurez-vous : des plateformes publiques et privées seront progressivement mises à disposition pour accompagner votre transition.

Mais au-delà des aspects administratifs, le numérique transforme peu à peu le quotidien des chantiers ! Pour ne citer que quelques solutions : 

  • applications de suivi de travaux ;
  • plateformes de gestion de planning ;
  • drones pour les relevés topographiques ;
  • outils de réalité augmentée pour visualiser un projet avant même le premier coup de pelle ;
  • création de devis avec IA vocale.

Si vous perdez souvent du temps sur la gestion et la coordination de vos chantiers, sachez qu’il existe une myriade d’outils pour simplifier votre quotidien ou celui de vos conducteurs de travaux. Il serait dommage de ne pas en profiter en 2026 !

Conclusion

Entre hausse des coûts, rareté de certains matériaux, pression sur l’emploi et digitalisation : en 2026, il faut plus que jamais anticiper. Évidemment, la liste des changements présentée dans cet article n’est pas exhaustive : restez à l’affut et faites aussi une veille de votre côté pour ne rater aucune évolution majeure !

Notez cet article
Share